L’African Growth and Opportunity Act (AGOA) est un programme de préférence commerciale érigé en législation Américaine, puis adoptée par le Congrès et signée en loi en Mai 2000. C’est une loi qui ouvre volontairement l’accès sans tarifs au marché américain à près de 7000 produits originaires des pays africains bénéficiaires. Elle est le produit des efforts du gouvernement américain visant à donner une nouvelle orientation à sa politique commerciale avec l’Afrique.
Cette stratégie consiste à ouvrir volontairement le marché américain aux exportations de ces pays en contrepartie de l’engagement de leurs gouvernements en faveur des politiques de libéralisation du marché, de la bonne gouvernance et de la démocratisation.
L’objectif à long terme de la stratégie est d’ouvrir les marchés de ces pays bénéficiaires aux exportations et investissements américains. C’est dans le cadre de cette approche que l’AGOA est devenue, comme une sorte d’extension à l’Afrique, de la politique américaine en faveur des pays émergents.
Depuis, la loi AGOA est devenue un outil important des relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Afrique. Arrivant à expiration en septembre 2015, l’AGOA a été renouvelée le 29 juin 2015 jusqu’en 2025.
Malgré l’importance accordée à cette loi, force est de constater que son impact sur le commerce bilatéral entre les USA et les pays africains est resté très limité et concentré sur certains secteurs seulement.
Le Gabon qui a été admis en 2001, ne fait pas exception à ce constat. Vingt-deux ans après son entrée en vigueur et ce, avec l’organisation du Forum AGOA du 24 au 27 aout 2015, le pays n’a toujours pas tiré profit des opportunités qu’offrent l’AGOA, quand bien même elle permet l’exportation de plus de 6500 produits vers les Etats-Unis en franchise de droits de douane.
Cette situation a encore été constatée au cours des quatre dernières années suite à l’analyse de l’évolution des flux commerciaux et la balance commerciale entre les deux pays. En effet, en 2021, la hausse de la balance commerciale s’élève d’avantage et se situe à 9,65 milliards de FCFA, enregistrant ainsi une hausse de +28,78 milliards de FCFA (+125,11%) par rapport à l’année 2020.
L’indicateur de dispersion qu’est le taux de variation, traduit une irrégularité en termes d’échanges en valeur, tant bien de marchandises en exportations qu’en importation. Cette situation résulte d’une part, de la diminution des dépenses d’importations de 47,07 milliards de FCFA (- 58,4%) par rapport à l’année 2020 d’autre part, de la légère hausse des recettes d’exportations de 1,01 milliards de FCFA (2,39%), diminuée par les exportations du bois sciés et ouvrages et du pétrole brut.
En effet, l’évolution des exportations est plus accentuée sur le manganèse et le caoutchouc naturel. Par contre, l’évolution des importations est essentiellement imputable aux machines et appareils mécaniques, viandes et abats comestibles dont la facture en 2021 se chiffre à 11,9 et 7 milliards de FCFA contre 27 et 9,4 milliards en 2020, soit -56,7% et -25,7%.
Autant d’indicateurs qui permettent de déduire que la balance commerciale entre le Gabon et les Etats-Unis est pratiquement déficitaire, en dents de scie sur la période de référence, à l’exception des années 2018 et 2021.
Cependant, ce solde par rapport au taux de couverture est en nette progression de 128,76% en 2021 et 52,33% en 2020 du fait que les exportations sont plus fortes que les importations. En somme, les échanges commerciaux entre les deux pays sont profitables aux deux partenaires en termes de valeur et de quantité sur la période prise en considération.



















