Le faible taux de reversement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) est l’un des écueils qui plombent la Commission CEMAC pour son fonctionnement optimal et partant, le financement des projets intégrateurs.
Ce diagnostic a été renouvelé par le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, à l’ouverture des travaux de la 44ème session Ordinaire du conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), tenus ce 31 octobre 2025 à Brazzaville au Congo. Le moment était donc plus qu’idoine pour ce dernier, afin de relancer ce dossier à l’occasion de cette session, dont l’objet principal portait sur l’examen du projet de budget de la Communauté pour l’exercice 2026.
Selon le président de la Commission de la CEMAC, ce projet de budget a été élaboré dans un contexte marqué par les défis persistants du recouvrement de la TCI. « En effet, notre Communauté fait face à d’importantes difficultés, principalement liées au faible taux de reversement de la TCI, préoccupation qui a été largement débattue lors des dernières Assises organisées à Bangui, Cette situation a un impact direct sur le financement de nos activités. Elle compromet la mise en œuvre du Plan d’Action Communauté ainsi que les initiatives de renforcement de capacité des Institutions communautaires », a-t-il renseigné.
Pour corriger cette médiocre tendance, Baltasar Engonga Edjo’o s’en est remis au Conseil des ministres de l’UEAC. « La Commission a bon espoir que les engagements pris pour la mise en œuvre du mécanisme autonome de recouvrement de la TCI seront appliqués », a-t-il souhaité. Toujours dans ce cadre, il a annoncé une mission auprès de tous les Etats membres, afin d’orienter et de sensibiliser les responsables des services dans les ministères concernés pour l’exécution des opérations de recouvrement de la TCI.
Des prévisions budgétaires optimismes et pragmatiques
S’agissant du budget de la Communauté en lui-même, M. Engonga Edjo’o n’a pas masqué son optimisme par rapport à ses prévisions pour l’exercice 2026. Lesquelles sont proposées au Conseil des ministres, avec une hausse de 2,42%, passant de 83.891 FCFA pour 2025, à 85.923.690.256 FCFA pour 2026.
Selon lui, ce projet de budget se veut optimiste et pragmatique. Ce, du fait qu’il prend en compte, le taux réel de recouvrement de la TCI pour l’exercice 2025, ainsi que les mesures de rationalisation, prises par le Conseil des ministres de l’UEAC lors de sa 43e Session ordinaire tenue à Bangui, pour améliorer la situation financière Communauté.
Au sujet du Fonds de développement de la communauté (FODEC) pour l’exercice 2026, M. Engonga Edjo’o a également dévoilé les prévisions qui se chiffrent à 18.456.365.885 FCFA. « Certes, le taux d’exécution du budget du FODEC au 30 septembre 2025 était de 10,7%, mais ce taux se justifie en raison de la faible appropriation, par les entités bénéficiaires, des conditionnalités édictées en la matière », a-t-il indiqué introduisant un bémol.
Plusieurs autres dossiers dans l’agenda
Au cours de cette 44e Session ordinaire, les ministres était également appelés à examiner divers rapports et comptes rendus. Principalement, ceux des organes délibératifs des Conseils d’administration et Comités de direction des institutions spécialisées et Agences d’exécution de la communauté,
Il en est de même de la situation financière de la Communauté, du rapport sur la surveillance multilatérale de l’année 2024, assorti des perspectives pour 2025 et 2026 ; des Grandes Orientations des Politiques Economiques des États membres et des Institutions Régionales de la CEMAC pour l’année 2026 ; l’adoption du projet CAPS; ainsi que l’instauration du Free Roaming dans l’espace CEMAC.
Pour la bonne gouverne, la CEMAC, l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) et le Central Africa Business Energy Forum (CABEF) ont signé un accord pour réaliser le projet CAPS, sur un réseau de 3 500 km de pipelines pour le transport et la distribution d’hydrocarbures dans la sous-région. À l’issue d’une réunion tenue à Malabo, les ministres des Hydrocarbures ont recommandé au Conseil des ministres de l’UEAC, l’adoption de ce projet, comme projet intégrateur.
Quant au processus d’instauration du Free Roaming dans l’espace CEMAC, le Conseil des ministres de l’UEAC a adopté en septembre 2020, un règlement instaurant le Roaming gratuit dans l’espace communautaire. Mais la mise en œuvre de ce règlement accuse un retard de cinq ans, avec une mise en œuvre partielle entre le Congo et le Gabon. C’est pourquoi une tournée régionale organisée par la Commission est prévue dans tous les États, afin d’échanger avec les Ministres sectoriels et les opérateurs locaux pour accélérer le déploiement du Free Roaming évoqué.



















