Les prix du pétrole ont bondi lundi dernier, au lendemain de l’annonce surprise par plusieurs grands pays exportateurs d’une réduction drastique dès le mois de mai, de leur production, dans le but de faire remonter les cours après la récente chute.
Au total, huit des 23 membres de l’Opep+, qui réunit l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, sont concernés, avec au premier rang l’Arabie saoudite. L’alliance a pris note de ces « ajustements volontaires » de production, à l’issue d’une réunion technique par visioconférence (JMMC), prévue de longue date. A l’unisson de ses membres, elle a assuré qu’il s’agissait « d’une mesure de précaution visant à soutenir la stabilité du marché pétrolier ».
Mais pour les analystes, il s’agit surtout d’engranger « des revenus » supplémentaires, a commenté dans une note Jorge Leon, de Rystad Energy. Ces coupes montrent que l’Opep+ fera tout pour « défendre un prix plancher bien supérieur à 80 dollars le baril », dit-il, sans se soucier des critiques des Etats-Unis et autres pays consommateurs, inquiets de l’inflation galopante.
Les cours du brut sont en effet tombés en mars au plus bas en plus d’un an, « un niveau inacceptable pour les membres de l’Opep+ », explique à l’AFP Ibrahim al-Ghitani, expert du marché pétrolier, basé aux Emirats. Ils avaient subi le contrecoup de la crise bancaire aux Etats-Unis, qui a éloigné les investisseurs des matières premières et autres actifs à risque, plus volatils.
« Réductions réelles »
Après cette action concertée des gros producteurs d’or noir, la réaction des marchés a été immédiate: les deux références mondiales ont décollé d’environ 8% en début de séance, renouant avec leur niveau d’avant les tumultes du secteur bancaire.
Vers 15H00 GMT (17H00 HEC), le Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, grimpait de 5,31% à 84,13 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, bondissait de 5,38% à 79,74 dollars le baril. Des deux côtés de l’Atlantique, les cours étaient en bonne voie pour signer leurs plus fortes hausses quotidiennes depuis les envolées des premières semaines de l’invasion russe de l’Ukraine, en mars 2022.
L’Irak, l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Oman, le Kazakhstan, le Koweït et le Gabon vont donc procéder à partir du mois prochain, à d’importantes réductions, et ce jusqu’à fin 2023. Elles vont de 500.000 barils par jour (bpj) pour Ryad à 8.000 bpj pour Libreville.
A propos du Gabon, il convient de noter que cas de figure est loin d’être nouveau. On se souvient qu’en 2020, conformément aux prescriptions de l’OPEP+, le Gpays avait réduit sa production de pétrole de 23 %. Passant ainsi de 220 000 barils/jour en 2019, à environ 154 000 barils/jour en 2020. Et qu’en 2021, la production du Gabon a encore baissé de 6,7 % toujours pour ces mêmes raisons, mais également à cause des aléas opérationnels.
Le Gabon occupe le 5e rang des producteurs pétroliers en Afrique Sub-saharienne, après le Nigeria, l’Angola, le Congo (Brazzaville) et la Guinée Équatoriale selon les données de la direction générale du Trésor français. Et le secteur pétrolier demeure en 2022 le premier contributeur du budget national.



















