L’idée a été au cœur des échanges, il y a quelques jours, entre le premier conseiller, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne au Gabon, pour Sao Tomé & Principé et la CEEAC, Efstratios Degidis et le président de la CEEAC, Gilberto Da Piedade Verissimo.
Dans ce cadre, une mission conjointe de la « Facilité d’assistance technique visant à améliorer l’environnement des entreprises et le climat des affaires par un dialogue structuré -ICR », conduite par le premier conseiller, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne au Gabon, pour Sao Tomé & Principé et la CEEAC, Efstratios Degidis, a été reçu le 17 septembre 2021, par le président de la CEEAC, Gilberto Da Piedade Verissimo.
L’initiative vise à améliorer le dialogue public-privé sur le processus d’intégration régionale et accroitre la participation du secteur privé dans l’édification d’un environnement communautaire favorable pour le développement des affaires constitue un des choix consigné dans le Plan stratégique 2021-2025 de la Commission de la CEEAC.
Durant les échanges, les deux personnalités ont évoqué la requête introduite par la CEEAC, sollicitant un appui pour l’accompagnement dans les premières étapes de la mise en œuvre d’un Haut conseil des affaires(HCA), au niveau régional.
Au niveau de la CEEAC, l’on indique que : « La mise place d’une telle structure qui vise à améliorer le dialogue public-privé sur le processus d’intégration régionale et accroitre la participation du secteur privé dans l’édification d’un environnement communautaire favorable pour le développement des affaires, constitue un des choix consigné dans le Plan stratégique 2021-2025 de l’institution sous régionale ».
A la suite des échanges, la Facilité ICR a donné son quitus pour accompagner la CEEAC, dans les premières étapes de la préparation de la mise en œuvre de trois livrables. Il s’agit notamment du Mapping des principaux acteurs et représentants du secteur privé susceptibles de composer le HCA ; d’une proposition de Plan stratégique de l’institution et enfin d’une proposition de statuts, basés sur les bonnes pratiques en matière de conseils des affaires régionaux.
L’on souligne également que cette facilité est mise en œuvre conjointement par la GIZ, le British Council, Expertise France et SNV avec pour objectif de soutenir les organisations publiques et privées des pays partenaires Afrique Caraïbe Pacifique(ACP) et les institutions régionales, dans leur processus de dialogue structuré public-privé, afin d’améliorer l’environnement commercial et le climat des affaires, en appuyant entre autres les processus de dialogue public privé.
Un diagnostic préoccupant
Dans une tribune sur le portail du journal l’Opinion en 2020 et portant sur le climat des affaires en Afrique centrale, Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian), établit un diagnostic préoccupant de la situation dans cette région. Dans cette sortie médiatique, il rappelle l’urgence de rétablir la confiance.
Car, selon lui, « L’isolement progressif de l’Afrique centrale et sa perte d’attractivité constituent des défis auxquels il faut s’attaquer sans tarder», prévient le président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique
Une situation qu’il compare à un orage. « Le climat des affaires n’est plus au beau fixe en Afrique centrale. La région connaît des turbulences économiques et des incertitudes monétaires qui obèrent l’horizon des opérateurs économiques. Alors que les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se sont lancés sur la voie d’une monnaie commune élargie et indépendante (l’ECO), les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) se sont contentés d’une déclaration générale qui soulève davantage d’interrogations que de solutions pour l’avenir ».
En outre, poursuit-il « L’insécurité et l’instabilité se propagent, en République Centrafricaine, mais aussi au nord et à l’ouest du Cameroun. Enfin, les entreprises implantées dans les pays de la région se plaignent du harcèlement fiscal dont elles font l’objet. Au Cameroun, l’orage gronde entre le patronat et le fisc et certains parlent même de fiscalité confiscatoire. Au Congo-Brazzaville, les arriérés de paiement minent la trésorerie des entreprises, tandis qu’au Gabon, la rupture de contrats de concessions négociés avec le secteur privé souligne la précarité du cadre juridique national. L’addition de tous ces facteurs explique les mauvaises performances des membres de la Cemac au classement Doing Business de la Banque mondiale, qui sert bien souvent de boussole pour les investisseurs internationaux ».
Pour l’Union des patronats d’Afrique centrale (Unipace), le constat reste pareil. L’organisation marque également sa préoccupation face ce climat des affaires, marqué par une difficile conjoncture économique et une faiblesse du commerce intra-régional.
Le patronat de la sous-région relève par ailleurs que le tableau «Doing Business 2020», de la Banque mondiale classe les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), au plus bas de l’échelle, avec des rangs allant de la 167ème position à la 184ème.
En termes de solutions, Etienne Giros a indiqué que le Cian se dit prêt à associer sa voix à tous les acteurs du secteur privé, pour se mobiliser afin de reconstituer un climat favorable au développement socio-économique de cette région. « Il est évidemment disponible pour participer à un dialogue apaisé visant à rétablir un climat de confiance que tous appellent de leurs vœux », conclut-t-il.



















