Jean-Claude Kassi Brou le gouverneur de la BCEAO n’est pas passé par quatre chemins pour décrire la situation économique de de l’UEMOA lors de sa visite de travail, le 27 janvier 2025, à la BEAC. Pour cet économiste ivoirien et gouverneur de la BCEAO, les Etats de l’UEMOA tirent leur épingle du jeu, en dépit d’un environnement international peu favorable et des contraintes socio-politiques et sécuritaires régionales. Autrement dit, les Etats de l’UEMOA ont fait preuve d’une résilience remarquable.
Il évoque dans ce cadre, leur taux de croissance du PIB qui s’est maintenu au-dessus de 5% dès 2021 après 1,5% en 2020 du fait de la pandémie. La croissance économique attendue qui est à 6,3% en 2025, après une estimation de 6,2% pour 2024. Ce regain de dynamisme sera tiré, a-t-il expliqué, entre autres, par l’exploitation du pétrole, du gaz, de l’or dans certains pays et le dynamisme des services et du secteur agricole.
Sur le plan de l’inflation, les économies de l’UEMOA, à l’instar de toutes les économies du monde, ont eu à faire face ces dernières années à des tensions inflationnistes qui ont culminé en août 2022 avec un pic d’inflation à 8,8%. Les facteurs à l’origine de cette poussée inflationniste sont notamment la perturbation des circuits d’approvisionnement entraînant la hausse des coûts des produits énergétiques et alimentaires liée aux tensions internationales, la faiblesse de la production agricole locale en lien avec les effets du changement climatique, ainsi que la perturbation des circuits de commercialisation du fait de l’insécurité dans certains Etats membres.
Dans sa description des économies de l’UEAMOA, il a également mentionné que les actions coordonnées entre la politique monétaire et la politique budgétaire ont permis de juguler progressivement l’inflation qui a baissé pour atteindre 3,5% en 2024. « Au niveau de la politique monétaire, nous avons mis fin aux mesures exceptionnelles prises durant la Covid et relevé progressivement nos taux directeurs à six reprises pour un cumul de 150 points de base entre juin 2022 et décembre 2023. En 2025, l’inflation devra se situer à l’intérieur de la cible poursuivie par la Banque Centrale (1% -3%) », a-t-il souligné.
Quant au marché financier régional, il s’est ressenti des tensions de liquidité en 2023 résultant du resserrement des conditions de financement à l’international, ayant limité la capacité des Etats membres de l’Union à mobiliser des ressources ainsi que de l’atteinte des quotas d’exposition au risque souverain par les banques.
Et de conclure, « Pour préserver l’efficacité de ses instruments et la stabilité financière, la BCEAO est intervenue sur le marché secondaire pour racheter des titres publics de court terme, pour l’équivalent de trois milliards de dollars, en vue d’atténuer les tensions et ramener les taux courts dans les limites compatibles avec ses objectifs. Cette intervention a contribué à soulager la trésorerie des banques, leur permettant de participer aux opérations d’adjudication d’émission de titres publics avec des rendements plus cohérents avec l’orientation de la politique monétaire ».



















