Après 36 ans d’intenses activités, le Transgabonais n’avait pas subi de travaux majeurs. Du fait du poids de l’âge de cette infrastructure, la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) fait aujourd’hui face à une faible productivité. A cause de la caducité logistique et de nombreuses zones accidentogènes, la société est confrontée à de récurrents incidents.
Cette situation s’illustre une logistique obsolète, marquée par nombreuses traverses en bois jamais inchangées qui pavoisent encore la voie ferrée. Il en est de même des rails qui n’arrivent plus à supporter le poids des marchandises transportées. Ce sombre tableau est complété par de nombreuses zones instables qui ne sont pas pour arranger la donne.
Un vaste Programme de remise à niveau du chemin de fer estimé à 333 milliards de FCFA
Face à un déficit historique de maintenance source de toutes ces pesanteurs qui obèrent le rendement optimal de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), un Programme de remise à niveau du chemin de fer Transgabonais (PRN) estimé à 333 milliards de FCFA. Il est co-financé par la Setrag, l’Etat et d’autres partenaires au développement tels que la Banque mondiale et l’Agence française e développement (AFD).
S’étalant de 1917 à 2024, il permet de répondre à plusieurs enjeux majeurs. Il concerne la réfection totale des 648 km de voies, avec poup objectif principal de remettre le Transgabonais sur de bons rails. C’est-à-dire réhabiliter, moderniser la ligne et doubler la capacité de transport du Transgabonais à horizon 2023.
En 2022, la priorité a été donnée au déploiement des travaux dans ces lieux souvent difficilement accessibles du fait de la forêt. Une situation qui s’est empirée avec une abondante pluviométrie qui ne favorise pas l’évolution normale du chantier.
Des avancées significatives malgré tout
Le bilan à mi-parcours de ce chantier de rénovation du Transgabonais présente des avancées notoires. L’on peut ainsi retenir que 150 km de rails, entre Owendo et Ndjolé ont été remplacés. Et que 225 km de traverses en bois ont également été changés par du béton. Sans oublier que 7,4km de zones instables toutes sur la forêt tropicale dans des conditions difficiles d’accès pour les équipes et les engins, ont été traitées.
Autrement dit, depuis le début du programme, la capacité de transport a augmenté de 96 %, permettant de très bons progrès logistiques : En termes de chiffres clés, la Setrag c’est aussi 330 000 voyageurs transportés par an et + de 6,5 millions de tonnes de minerai de manganèse transportées et expédiées en 2021.
Cinq défis majeurs en 2023
Pour l’année 2023, la société ferroviaire annonce cinq objectifs majeurs. Il s’agira en premier lieu de réduire progressivement le temps de parcours. La société compte également acquérir 10 nouvelles locomotives. Elle prévoit aussi l’ouverture de la nouvelle gare de Lastourville ainsi que la rallonge de 10 voies de croisement. Le dernier objectif porte sur la création d’une troisième voie de croisement dans quatre gares pour des stationnements des trains (en cas de détresse) afin d’éviter de perturber le trafic.
Au regard de l’immensité du chantier, le Directeur général, Christian Magni explqiue le bien-fondé de cette rénovation de la voie ferrée. « Délivrer un service de qualité est une préoccupation permanente pour la Setrag. Grace aux travaux de rénovation de la voie, le remplacement du rail et fort d’une solide politique RSE, la Setrag entend bien parvenir à garantir le respect de la ponctualité des trains de voyageurs au départ comme à l’arrivée », renseigne-t-il.
De grandes ambitions dans le cadre du développement des activités
La Setrag, filiale de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) nourrit de grandes ambitions dans le cadre du développement de ses activités. Ainsi, en terme de perspectives, la société qui fait partie des mieux cotées du Gabon, ambitionne de devenir la référence du chemin de fer en Afrique. C’est-à-dire, capable de servir aussi bien les passagers que le fret.
Des ambitions réitérées par le Directeur général, Christian Magni. « Le Transgabonais est plus qu’un transporteur au Gabon. C’est un aménageur de territoire et un catalyseur du développement économique entre le port d’Owendo et le Haut-Ogooué », indique-t-il.
Avant d’ajouter, « Nos équipes et nos sous-traitants sont mobilisés pour servir nos clients avec qualité et avec le plus haut niveau de sécurité pour nos salariés et les populations. En intégrant dans sa gestion quotidienne les plus hauts standards en matière de performance, de sécurité et de RSE, la SETRAG a l’ambition de devenir une entreprise ferroviaire de référence internationale ».
Participer au développement économique du pays
De par son rôle clé dans le secteur du transport, la Setrag constitue un acteur incontournable dans l’économie gabonaise. En effet, le chemin de fer est un vecteur essentiel du développement et un levier stratégique de la croissance du Gabon. Il contribue ainsi à désenclaver les populations rurales, à transporter près de 52% des exportations et à faciliter la circulation des marchandises, dans les cinq provinces sur les neuf que compte le pays.
Pour assurer ses missions régaliennes, la société emploie près de 1200 salariés directs – dont 40% sont repartis le long de la voie – contribuant ainsi à la création d’une chaîne de valeurs aux abords des gares et des cités d’habitation des employés. La Setrag c’est aussi plus de 1000 emplois indirects le long des 648 kilomètres de voies ferrées avec ses 24 gares.



















