En dépit de quelques pesanteurs, le train de la croissance semble de nouveau en marche au Gabon. Le Document de cadrage macroéconomique et budgétaire 2023-2025 publié par le gouvernement renseigne davantage sur cette embellie économique en cours dans le pays.
En effet, indique-t-il, la croissance est ainsi projetée à +2,8% en 2022 contre +1,5% en 2021. Cette amélioration résulterait des performances du secteur pétrole (+7,1%) et hors-pétrole (+2,5%), boostées par la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’accélération de la transformation démarré en 2021.
Dans le secteur primaire, toutes les branches soutiendraient l’activité avec principalement l’agriculture, le pétrole et les mines. La consolidation de l’activité dans l’agriculture (+5,4%) proviendrait de la hausse de la production de l’huile de palme à 107 872 tonnes en 2022, de l’accélération de la mise en œuvre du Programme de développement agricole et rural (PDAR-FIDA) et de la mise en exploitation des nouvelles zones agricoles à forte productivité.
La hausse de la production pétrolière de 7,1% en 2022 s’expliquerait par l’assouplissement des quotas de production de l’Accord de l’OPEP+ et l’optimisation des champs matures. Enfin, les acquis du manganèse devraient se consolider de +9,9% en lien avec la montée en puissance des nouveaux gisements.
Le raffermissement des activités du secteur secondaire (+3,9%) proviendrait des résultats dans l’ensemble des branches ; les plus dynamiques étant les BTP (+8,8%), l’industrie minière (+6,1%) et l’industrie du bois (+6,5%). La progression des BTP proviendrait de la poursuite des grands travaux tels que les réseaux routiers, les chantiers dans le domaine de l’énergie et l’eau.
De même, la consolidation de l’activité de l’industrie minière résulterait de la hausse de la production de silico manganèse et de l’oxyde de manganèse (+12,5% à 46,170 milliers de tonnes en 2022). La hausse des industries du bois serait liée à l’augmentation de la demande locale et internationale et de la mise en production de nouvelles Zones d’Investissement Stratégiques (Lambaréné et Haut-Ogooué).
En outre, la croissance des autres industries de +3,9% s’expliquerait essentiellement par la consolidation de l’activité des entreprises dans les Zones Economiques. Enfin, la hausse projetée de l’activité dans l’industrie agroalimentaire de +2,0% serait liée à une remontée de la demande locale.
Tributaire de la bonne tenue des secteurs primaire et secondaire, l’activité du secteur tertiaire progresserait de +2,4%, tirée notamment par les branches transports et communications (+1,5%) qui bénéficieraient du dynamisme des branches des mines et industrie du bois.
La croissance de l’activité des services (+1,3%) s’expliquerait par la hausse des services aux entreprises et la reprise de la branche restauration collective et hôtellerie. En outre, la branche commerce enregistrerait une reprise (+2,1% contre -1,7% en 2021) en lien avec la hausse de la commande publique et locale.
Du point de vue de la demande, l’activité serait soutenue par la hausse conjointe de la demande intérieure (+4,7%) et extérieure (+7,4%).
La progression de la demande intérieure serait principalement liée à la reprise de l’investissement public (+2,2% contre -14,6%) et la poursuite de la relance de l’investissement privé (+9,6% contre +9,8% en 2021), résultat de l’évolution des secteurs pétrole et hors pétrole (mines et transport).
La hausse de la demande extérieure proviendrait de l’augmentation des exportations des biens (+6,1%) en lien avec la bonne tenue du pétrole (+5,4%), de rente (+5,0%), des mines (+8,5%) et du bois transformés (+6,1%) dans un contexte de hausse des importations des biens (+8,3%).



















