L’industrie pétrolière a encore une belle histoire à écrire au Gabon et partant dans toute la sous-région CEMAC. En témoigne le Rapport de surveillance multilatérale 2024 ainsi que les perspectives économiques de la CEMAC 2025 – 2026. Preuve, comme s’il en fallait davantage pour justifier le dynamisme insufflé au secteur, ces derniers temps, par la plupart des Etats de la sous-région, afin de lui refiler ses attributs de noblesses pour certains, et booster tout simplement la production pour d’autres.
Selon la Commission CEMAC, le secteur pétrolier va une fois de plus jouer un rôle prépondérant dans l’activité économique de la sous-région. En effet, il permettra de maintenir la dynamique économique à 2,7% en 2025 avant de remonter à 3,4% en 2026. En outre, du côté de l’offre, la croissance serait soutenue par le dynamisme du secteur hors pétrole.
Seulement ces vents ne seront pas favorables pour tous les pays. Le secteur enregistrerait une contreperformance en 2025, avec une croissance de -1,7%, en relation notamment avec le ralentissement de la production de pétrole brut au Cameroun, au Gabon, en Guinée Equatoriale et au Tchad. Elle remonterait cependant à +1,9% en 2026.
Au Cameroun, par exemple, l’activité dans le secteur pétrolier se caractériserait par une baisse attendue de la production et des exportations d’hydrocarbures, du fait de l’épuisement progressif des champs pétroliers existants, qui induirait la baisse des rendements des puits en exploitation.
Aussi, le taux de croissance du PIB pétrolier en 2025 se situerait à -3,1% dans ce pays, en dépit de la hausse de 4,4% qui serait observée au niveau de la production de gaz. Il reculerait de 4,8% en 2026. Au Congo, le secteur pétrolier enregistrerait une augmentation de sa production, avec une croissance qui se situerait à 1,3% en 2025 avant de revenir à 1,2% en 2026.
En 2025, ce dynamisme serait soutenu notamment par la reprise de l’exploitation de quelques anciens champs pétroliers avec de nouvelles technologies de production qui amélioreraient les rendements, l’entrée en production du champ d’Holmoni, l’implantation de nouveaux opérateurs dans le secteur et les perspectives favorables envisagées dans la production de gaz, avec l’expansion du projet Marine.
Au Gabon, malgré le ralentissement de la production des champs pétroliers, le secteur pétrolier connaitrait une croissance de 2,2% en 2025 et se replierait de 3,0% en 2026. Cette prévision pour 2025 en particulier serait le fruit d’une stratégie visant à compenser la baisse naturelle des gisements existants par des efforts d’exploration en eaux profondes et l’augmentation des capacités de raffinage, notamment l’extension de la raffinerie de SOGARA.
En Guinée Equatoriale, la tendance baissière de l’activité dans le secteur pétrolier devrait se poursuivre en 2025, du fait notamment du repli de la production de pétrole brut d’environ 6,4%. Cette récession pourrait s’atténuer avec l’ouverture de nouveaux cycles d’attribution de licences pétro-gazières, visant à attirer de nouveaux capitaux pour revitaliser ce secteur. Pour 2026, le secteur se stabiliserait (+0,8%).
Au Tchad, les perspectives du secteur pétrolier en 2025 seraient caractérisées par une forte contraction de son activité de 11,1%, en raison du déclin des champs existants. Cependant, l’entrée en production du champ pétrolier de Belanga pourrait apporter un soutien à l’activité pétrolière qui s’accroîtrait de 18,3% en 2026.



















