Une lecture du Fonds monétaire international (FMI) va également dans ce sens. En effet, l’activité dans le secteur des services restera modeste en raison des mesures de confinement prises pour contenir la deuxième vague des infections au premier trimestre de l’année en cours.
Néanmoins, il est prévu un redressement du PIB réel hors pétrole de 2,7 %, à la faveur de la poursuite de l’expansion de la production de manganèse et de bois. Ensuite, la croissance accélérera grâce aux perspectives favorables du secteur minier et au dynamisme de la construction et des services, avec le retour à la normale des chaînes d’approvisionnement et le rebond de la consommation privée et de l’investissement public.
La croissance à moyen terme dépend fortement de la mise en œuvre des engagements pris par les autorités dans le cadre du programme, en particulier d’un rééquilibrage budgétaire de qualité et des réformes structurelles. La croissance sera également aidée par les efforts de diversification économique, dans le contexte du plan d’accélération de la transformation 2021–23. L’inflation resterait inférieure à 3 %.
Il est prévu que le déficit des transactions courantes s’améliorera de 1,2 point de pourcentage du PIB en 2021, mais restera élevé, à 5 % du PIB, bien au-dessus de son niveau pré-COVID-19. Les exportations augmenteront de 23,4 %, en raison de l’accroissement des exportations pétrolières et minières. En même temps, les importations rebondiront de 5,6 %.
Les autorités prévoient d’émettre de nouvelles euro-obligations en 2021, pour couvrir les paiements arrivant à échéance en 2022–24 (et les frais d’émission y afférents).
À moyen terme, le solde des transactions courantes devrait se renforcer davantage, sous l’effet de la consolidation budgétaire prévue et de la reprise économique mondiale, de l’essor du secteur minier et des investissements en cours (notamment dans la zone économique spéciale) qui visent à stimuler les exportations hors pétrole, en particulier dans les secteurs du bois et de l’agro-industrie.
Le solde budgétaire global s’améliorera progressivement et deviendra excédentaire en 2023, sous l’effet des réformes envisagées pour renforcer le recouvrement des recettes intérieures et maîtriser davantage les dépenses non prioritaires.
Enfin, la consolidation budgétaire et la reprise économique ramèneront progressivement le ratio dette publique su PIB en-dessous de 70 % du PIB d’ici 2024 et soutiendront la position des réserves régionales.
Malgré tout, les aléas qui influent sur ces perspectives économiques restent considérables et de nature baissière (matrice d’évaluation des risques, annexe V). D’autres vagues d’infections au Gabon ou ailleurs pourraient entraver la reprise en exigeant de nouvelles mesures de confinement qui auraient des effets défavorables sur la demande extérieure.
Un ralentissement du déploiement des vaccins et les effets durables de la pandémie sur le capital humain et l’investissement pourraient freiner la reprise.
Parmi les autres risques de détérioration des perspectives figurent une mise en œuvre inadéquate des réformes et une baisse des cours du pétrole. Cette dernière entraînerait une dégradation de la situation budgétaire et de la position extérieure et une augmentation des besoins bruts de financement et de la dette publique, ce qui exigerait un effort budgétaire plus considérable.
Les perspectives pourraient s’améliorer en cas d’accélération de la reprise mondiale post-pandémie et en cas d’augmentation des cours internationaux du pétrole.
Les autorités se sont engagées à épargner au moins 50 % des recettes exceptionnelles pour accroître les réserves de la BEAC, à consacrer un maximum de 15 milliards de FCFA (0,2 % du PIB hors pétrole) aux investissements essentiels, notamment en vue de renforcer les infrastructures de santé, et à consacrer le reste à l’appui au secteur privé, notamment en accélérant l’apurement des arriérés intérieurs. Evidemment, cette dernière mesure renforcerait également la stabilité financière et la confiance.



















