Cela ne souffre du moindre doute, le gouvernement veut à tout pris mettre le trin de l’industrialisation sur les rails. En effet, quelques jours seulement après la tenue des premières journées de l’industriel (10 au 12 novembre 2022), les autorités gabonaises viennent de prendre deux mesures fortes avec pour objectifs de mettre en musique, les recommandations issues de cette rencontre.
En effet, à la faveur du Conseil de ministre tenu ce 28 novembre 2022, deux projets de décrets allant visiblement dans ce sens ont été adoptés. Le premier porte création, attributions et organisation de la Direction Générale de l’Industrie, de la coordination et de la promotion des activités Industrielles. Tandis que le second quant à lui, porte création, attributions et organisation de la Direction générale de la compétitivité et de l’innovation.
De manière globale, « les textes susvisés ont pour objet de permettre au ministère de l’Industrie à travers ces deux Directions générales de participer à la conception, au suivi de la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques en matière d’industrialisation au Gabon », renseigne le Communiqué final dudit Conseil de ministres.
De manière spécifiques, poursuit ledit communiqué, la Direction générale de l’industrie, de la coordination et de la promotion des activités industrielles en abrégé (DGICPAI) a, entres autres mission : de concevoir les stratégies, les programmes, les plans et actions en matière d’industrie et de réglementation et de veiller à leur mise en œuvre ; d’élaborer les projets de textes en matière d’industrialisation ; d’orienter et encourager l’intégration du tissu industriel national ; d’élaborer la cartographie d’implantation des entreprises industrielles sur l’ensemble du territoire ; de participer aux études prospectives spécifiques à chaque filière industrielle prioritaire mais également d’assurer le contrôle des risques industriels.
Quant à la Direction générale de la compétitivité et de l’innovation (DGCI), elle a pour missions : de concevoir les stratégies, les programmes, les plans et actions en matière de compétitivité et d’innovation industrielle et de veiller à leur mise en œuvre ; d’élaborer tout projet de texte en matière de compétitivité et d’innovation industrielle ; de contribuer au développement des programmes d’enseignement d’économie industrielle et de politiques industrielles et enfin de promouvoir la compétitivité et l’innovation des entreprises industrielles. Pour leur fonctionnement les deux Directions générales indiquées comprennent les services d’appui ; les Directions et enfin les services territoriaux.
Industrialisation à tout prix
Pour la bonne gouverne, le Gabon veut à tout prix booster la part du secteur industriel dans son PIB. L’ambition s’inscrit dans la cadre de la diversification des sources de croissance. Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale datant de 2020, la part de l’industrie dans le PIB du Gabon était de 40,73 %, derrière le secteur des services (52,62 %) mais loin devant l’agriculture (6,65 %).
Une bonne trajectoire
Par ailleurs, un récent rapport « Indice 2022 de l’industrialisation en Afrique » publié le 24 novembre 2022 et rédigé par la Banque africaine de développement (BAD) en collaboration avec l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), révèle que le Gabon est le pays le plus performant en matière d’industrialisation entre 2010 et 2021.
Au cours de la période, le pays s’est positionné comme le pays ayant enregistré la plus forte progression en matière d’industrialisation dans la sous-région. Avec un score de 0.5834 en 2021, le Gabon arrive devant la Guinée équatoriale (0.5666), qui figurait en 2010 parmi les dix pays les plus performants du continent. Ces deux pays sont suivis de la République démocratique du Congo (0.5646), le Congo (0.5322), le Cameroun (0.5300). Le Tchad (0,4178) et la République centrafricaine (0,4018) ferment le classement. En Afrique, le Gabon occupe la 12e place.
Les progrès du Gabon en matière d’industrialisation sont restés constants depuis 2010. Ils sont consécutifs aux efforts entrepris pour la diversification de son économie et au développement de son secteur manufacturier. « Le Gabon a connu un développement industriel constant depuis 2010, gagnant 6 places au classement de l’IIA. La baisse des réserves de pétrole a encouragé le gouvernement à accorder la priorité à d’autres secteurs. Il a mis l’accent sur la valorisation de son industrie du bois en exportant des produits sous des formes à plus forte valeur ajoutée, notamment le contreplaqué et les feuilles de placage. Le Gabon dispose également d’un secteur agroalimentaire en plein essor », indique le rapport.



















