L’affaire des 150 véhicules Toyota de marque Yaris prend progressivement les contours d’une ’Ndrangheta italienne. Evidemment, elle suscite un certain nombre interrogations propres aux milieux très fermés de la mafia. La plus cruciale porte évidement sur l’entrée sur le territoire gabonais de ces prétendues voitures transformées en taxis aux couleurs rouge-blanches, propre à la Commune de Libreville ? Pour la réussite d’une telle opération, les regards des fins limiers sont directement tournés vers les services de la douane. Toute chose qui amène certains à soutenir de prime à bord qu’une opération de telle envergure ne peut se dérouler à l’insu des services de surveillance de la douane.
Un bouc émissaire
Selon une source autorisée de la Direction générale des droits directs et indirects (DGDDI) approchée, « La Douane gabonaise travaille selon les textes qui réagissent son Code. Notre rôle est de vérifier que les opérations de dédouanement des marchandises se passent dans les normes », a-t-elle déclaré d’entrée. Avant de préciser que, « Nous n’avons enregistré aucune sortie frauduleuse des véhicules de marque Toyota Yaris du port d’Owendo. Ce qui veut dire que tous les véhicules dont il est question en ce moment, sont sortis selon les règles du port. C’est-à-dire, après s’être acquittés de leurs droits et taxes douanières », a rassuré notre interlocuteur.
« Il est donc clair que la douane gabonaise ne peut être complice de la mise en circulation de ces véhicules en couleur taxi. D’autant plus que dans les déclarations et autres documents afférents au dédouanement des véhicules, il ne fait mention nulle part que le véhicule sera d’usage personnel ou commercial, et aucune disposition n’interdit aux résidents (nationaux ou expatriés) l’interdiction d’importer la marque Toyota Yaris », a expliqué notre source. Autrement dit, il s’agirait d’un stratagème bien huilé par les initiateurs de ce coup.
Un stratagème bien huilé
Au regard de la confusion qui anime une certaine opinion, notre source rappelle que « qu’au niveau de la Direction générale des droits directs et indirects chargée de la surveillance de l’entrée des marchandises dans le territoire, toutes les formalités de dédouanement ont été bien exécutées ». Et que, « Dans le cas des véhicules qui ne bénéficient d’aucune exonération douanière, le paiement des taxes est obligatoire, et il s’effectue au Trésor Public ». Avant de préciser que, « Seuls les véhicules qui rentrent dans le cadre du Projet du Président de la République ‘’Un jeune, un taxi’’ bénéficient, selon les textes, de avantages douaniers. Une fois les voitures livrées, les services de douanes ne savent pas comment elles sont distribuées Tout comme les véhicules dédouanés par les particuliers et les entreprises, la Douane n’a aucune prérogative d’aller vérifier l’usage de ceux-ci ».
Pour la bonne gouverne, « les 150 Toyota Yaris en question sont sorties du port sans aucune indication de leur usage », soutient notre interlocuteur. Qui ajoute par autours que, « Le jour où la Douane recevra des instructions de ne plus autoriser l’entrée d’une marque de véhicule aux expatriés ou à une catégorie de résidents, elle prendra toutes les dispositions relatives. Pour l’instant, le douanier ne regarde pas le faciès de l’usager ou de l’usage qu’il fera de son véhicule. Il ne regarde que la conformité du dossier et du respect de la procédure. Ce que l’on peut retenir pour l’instant, ce qu’aucun de ces véhicules n’est sorti illégalement du Port. Et pour le cas d’espèce, la douane ne peut contrôler l’usage de ceux-ci après » a-t-il conclu.
En attendant le résultat des différentes enquêtes diligentées par les services compétents pour situer les différentes responsabilités dans ce scandale qui s’apparente à une confusion entretenue, il est important de relever que les services de douanes qui agissent en amont avec le dédouanement de ces véhicules ne sont pas garants de l’utilisation de ceux-ci. Ce, d’autant plus que l’exploitation de ces voitures, aussi bien en usage personnel ou commercial relève plutôt d’autres administrations qui n’ont rien à voir avec la Direction générale des douanes et droits indirects



















