L’analyse du secteur réel de la zone CEMAC affiche un dynamisme de la plupart des secteurs d’activités en 2025. Dans son rapport couvrant la période, le Comité politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) renseigne que la croissance économique de la sous-région est ressortie à 3,5% en 2025, contre 3,3% en 2024, en lien avec la fermeté des activités non pétrolières (4,3 % en 2025, contre 3,4 % en 2024), qui a atténué la baisse des activités pétrolières et gazières (- 1,5 % en 2025, après + 2,6 % en 2024). Cela, dans un contexte de poursuite du repli des cours du pétrole brut (-13,7% en 2025) et d’une détérioration des termes de l’échange (- 9,4 % en 2025 après une appréciation de 4,4 % en 2024).
Suivant l’optique offre, les différents secteurs ont contribué positivement à la croissance en 2025, avec un apport plus important des secteurs secondaire et tertiaire. Ainsi, le secteur primaire a enregistré une évolution favorable en 2025, quoiqu’en repli par rapport à l’année précédente, avec une participation à la croissance de 0,4 point contre 0,8 point en 2024, qui résulte principalement d’une bonne tenue de l’agriculture vivrière (0,3 point comme en 2024) et des activités piscicoles (0,3 point contre 0,2 point en 2024), consécutivement aux mesures mises en œuvre dans certains pays pour développer l’agriculture au sens large.
Cependant, comme l’année précédente, la contribution de la branche sylviculture et exploitation forestière a été nulle, en raison de la baisse de la production suite à la mise en œuvre des mesures interdisant l’exportation des grumes par certains pays.
S’agissant du secteur secondaire, sa contribution à la croissance s’est située à 1,5 point en 2025, contre 1,1 point en 2024, en raison principalement d’une bonne progression des industries, dont la contribution est de 0,8 point contre 0,7 point un an plus tôt.
Cet apport des industries à la croissance est soutenu par l’extraction des minerais (0,5 point contre – 0,2 point en 2024), en lien particulièrement avec le regain de l’extraction du manganèse au Gabon, après des perturbations enregistrées au cours du premier trimestre 2025, ainsi qu’une meilleure structuration de la filière d’extraction de l’or en RCA, favorisant la traçabilité et qui a entraîné une ruée des opérateurs dans le formel pour mieux tirer profit des cours qui sont à des sommets historiques.
Par ailleurs, les bâtiments et travaux publics ont contribué à la croissance de 0,6 point, après 0,3 point en 2024, en lien avec les travaux de construction des infrastructures routières, notamment dans le cadre des programmes d’urbanisation des villes. Par contre, sous l’effet conjugué de la baisse des cours au niveau international et de la contraction de la production, les industries d’extraction du pétrole ont dégradé la croissance de 0,2 point en 2025, après une contribution positive de 0,8 point en 2024.
Quant au secteur tertiaire, son apport à la croissance a été de 1,4 point en 2025 contre 1,2 point en 2024, tiré principalement par les services marchands (1,1 point en 2025, contre 0,7 point en 2024). Cette hausse des services marchands est portée par les autres services marchands (0,4 point en 2025, contre 0,2 point en 2024), suivie des services transports et télécommunications avec une contribution à la croissance de 0,4 point en 2025 contre 0,1 point en 2024.
Les services financiers ont accentué cette tendance des services marchands avec une participation de 0,2 point en 2025, contre 0,1 point en 2024, témoignant des flux financiers plus importants pour combler les besoins de financement principalement des Etats. Par ailleurs, la branche des activités commerciales a participé à cette contribution positive à hauteur de 0,2 point en 2025 contre une contribution nulle en 2024, en raison principalement d’une hausse de la demande privée, soutenue notamment par les revenus tirés de l’exploitation du cacao au Cameroun, de l’or en RCA et de l’antimoine au Tchad.

















