Trois principales leçons sont à retenir des consultations du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), au terme de ses consultations au titre de l’article IV de 2026 avec le Cameroun, bouclée le 25 mars dernier.
La première, l’économie camerounaise a fait preuve de résilience face aux chocs, mais la croissance a ralenti en 2025, les perturbations liées aux élections ayant affecté l’activité économique en octobre et novembre. La deuxième, les premières indications laissent penser que la situation budgétaire s’est affaiblie en 2025, avec des recettes non pétrolières inférieures aux attentes et un glissement des dépenses courantes.
Tandis que la dernière table sur des perspectives sont prudemment favorables, avec une reprise de la croissance attendue en 2026 et un resserrement de la politique budgétaire. Non sans souligner que des risques à la baisse pourraient toutefois peser sur ces perspectives, notamment le resserrement des conditions financières, la réduction des flux d’aide, la volatilité des prix des matières premières et les défis liés à la sécurité et au climat.
Autrement dit, relève le FMI au terme de ces consultations, l’économie camerounaise a fait preuve d’une remarquable résilience face aux chocs économiques externes ces dernières années. Sa croissance est estimée à 3,1 % en 2025, un rythme plus lent que prévu initialement, les perturbations liées aux élections ayant affecté le commerce, les services et l’investissement. L’inflation a reculé à 3,4 % en moyenne jusqu’en décembre 2025, sous l’effet de la modération des prix des produits alimentaires et des transports.
Les estimations préliminaires indiquent un affaiblissement de la situation budgétaire en 2025, avec un déficit primaire hors pétrole de 2,6 % du PIB, dépassant l’objectif budgétaire de 1,4 % du PIB. Cette détérioration s’explique par la faiblesse des recettes hors pétrole et le dérapage des dépenses courantes. Le déficit du compte courant du Cameroun devrait s’être creusé à 3,9 % du PIB en 2025 (contre 3,3 % en 2024), reflétant en partie la baisse des recettes d’exportation de pétrole.
Les perspectives sont prudemment favorables, malgré les risques liés à la dépendance du Cameroun aux exportations de matières premières, dont les prix sont volatils, aux défis de sa politique budgétaire et aux incertitudes politiques au sein de la région CEMAC.
La croissance devrait se redresser pour atteindre 3,3 % en 2026, grâce à la hausse des investissements publics, tandis que l’inflation devrait reculer à 2,9 %. Le déficit du compte courant devrait se creuser pour atteindre 5,3 % du PIB en 2026, en raison de la baisse des prix du cacao.
À moyen terme, avec la concrétisation de la diversification minière, la croissance devrait atteindre 4,6 % et le déficit du compte courant se réduire à 4,0 % du PIB. Cependant, le resserrement des liquidités et la hausse des taux d’intérêt mondiaux pourraient accentuer les risques de financement au moment où d’importants amortissements arrivent à échéance. Une réduction de l’aide pourrait accentuer les pressions budgétaires.
Les perspectives de croissance sont pénalisées par la persistance des défis liés à la sécurité et au climat. Un nouvel affaiblissement des réserves internationales de la CEMAC pourrait accroître l’incertitude et nécessiter des ajustements politiques supplémentaires.
Les effets de la récente hausse des prix du pétrole, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, devraient être contenus à court terme. Les gains de recettes pétrolières devraient être partiellement compensés par les subventions accordées dans le cadre du régime des prix administrés, ce qui souligne la nécessité d’adopter un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants, ainsi qu’une aide ciblée aux populations les plus vulnérables afin d’atténuer les risques budgétaires. De même, l’amélioration du compte courant devrait être partiellement contrebalancée par la baisse des prix du cacao, compte tenu de l’importance des exportations non pétrolières du Cameroun.


















