Selon les statistiques Comtrade, le référentiel de statistiques officielles du commerce international et de tableaux analytiques, la valeur des exportations de la Chine à destination de la zone CEMAC en 2019 s’est stabilisée à hauteur de 2,4 milliards d’euros. Juste derrière, la France conserve sa place de deuxième plus grand fournisseur de la zone CEMAC, devant les Etats-Unis (0,6 milliards d’euros).
En revanche, en 2019, la valeur des exportations de la zone CEMAC à destination de la Chine, principalement constituées de matières premières, notamment du pétrole, est passée de 11 milliards d’euros à 9,9 milliards d’euros (-10 %) tandis que les exportations de la CEMAC vers la France ont cru de 38% à 0,6 milliards d’euros.
La France perd du terrain
Après avoir diminué jusqu’à atteindre moins de 10 % en 2015, la part de marché de la France au sein de la zone CEMAC a connu un léger rebond en 2017 à 12 %, et s’est stabilisée à ce niveau jusqu’en 2019. En parallèle, celle de l’Asie est passée de 12,8 % en 2001 à 38,9 % en 2019. Structurellement, la perte de terrain de la France résulte à la fois de la montée en puissance des pays émergents, mais aussi des nouvelles ambitions de certains pays européens sur le continent africain. Les positions françaises sont contestées sur les marchés sur lesquels, le pays détenait jusqu’alors un fort avantage comparatif (agroalimentaire, produits pharmaceutiques, machines et véhicules, etc.).
L’exemple des produits pharmaceutiques est probablement le plus symbolique. En moins de vingt ans, les ventes de médicaments génériques à bas coûts – voire, dans certains cas, contrefaits – produits en Chine ou en Inde ont quasiment rejoint celles des laboratoires français. La part de marché de la France sur ces produits a ainsi décru de 30 points de pourcentage (80 % en 2000 à 50 % en 2017). Cette tendance de long terme n’empêche pas certains rebonds.
Le produits pharmaceutiques français sauvent les meubles
En 2020, dans le contexte de la crise sanitaire, les ventes de produits pharmaceutiques français sont celles ayant enregistrées la plus forte hausse et obtiennent ainsi la troisième place au classement des produits les plus exportés par la France à hauteur de 186,3 millions d’euros.
Le recul structurel des positions françaises est aussi important sur les postes « Machines et matériel de transport » et « Produits alimentaires et boissons ». Dans le premier cas, la forte progression des importations de machines et d’équipements industriels depuis la Chine, largement composées de produits liés à la construction et aux infrastructures, reflète l’offensive du pays sur les marchés de travaux publics en Afrique centrale. Dans le cas des produits alimentaires, le repli illustre principalement la perte de terrain des acteurs français dans la fourniture de céréales (concurrence de la Russie et de la Turquie).



















