L’économie tchadienne est largement dépendante de la production de pétrole (20 % du PIB et plus de ¾ des exportations de biens en 2019) qui a débuté en 2003 et a permis au pays de connaître une période de croissance rapide jusqu’en 2014 (taux de croissance annuel moyen de 13,7 %).
Le secteur primaire (principalement l’élevage, deuxième poste d’exportation du pays, mais également la culture de céréales, du coton, et la collecte de gomme arabique) représente près de 50 % de l’économie tchadienne dans une région très vulnérable aux aléas climatiques. Le secteur cotonnier connaît une embellie depuis la reprise, en 2018, de l’entreprise publique CotonTchad par le groupe Olam.
L’industrie manufacturière occupe une place marginale et repose essentiellement sur la production de bière et boissons gazeuses, la production de sucre, et l’égrenage du coton et quelques cimenteries.
Le secteur tertiaire (banques, commerce, télécommunications) représente environ 44 % du PIB. L’amélioration du climat des affaires, qui s’est sensiblement dégradé depuis le déclenchement de la crise des matières premières (le Tchad était classé 182ème sur 190 au Doing Business 2020), constitue un préalable à la redynamisation de l’activité économique.
Conjoncture économique
L’économie tchadienne a subi au cours des dernières années plusieurs chocs exogènes : la montée de l’insécurité dans les pays voisins et la crise des matières premières en 2014 et les effets de la propagation du Covid-19 sur l’économie mondiale, courant 2020.
Après deux années de forte récession en 2016 et 2017 (respectivement -5,6 % et -2,4 %), le Tchad avait renoué avec une croissance positive d’environ 3 % en 2018 et en 2019, grâce à la remontée des cours, et la forte reprise de la production pétrolière et agricole.
La crise de Covid-19, la baisse des cours du pétrole à l’international et les restrictions sanitaires en réponse à la crise ont stoppé cette – légère – dynamique de reprise et le recul de l’activité en 2020 aurait atteint ‑2,2 %.
La reprise espérée en 2021 n’aura finalement pas eu lieu (- 1,1%) en raison d’une diminution de la production de pétrole de l’ordre de 8 %, notamment suite à l’arrêt temporaire des exploitations du bassin de Doba. Les prévisions de croissance pour 2022 sont toutefois favorables (+ 3,3 %), l’activité pétrolière devrait reprendre à un niveau proche de celui de 2020 (autour de 6,7 Mt).
Après s’être établie à 4,5 % en 2020, en lien avec les difficultés d’approvisionnement liées aux restrictions imposées dans le contexte de crise sanitaire, l’inflation avait fortement diminué à -0,8 % en 2021.
Cependant, du fait des mauvaises récoltes en 2021 et des conséquences de la guerre en Ukraine sur les prix internationaux, les tensions inflationnistes sont importantes et l’inflation devrait remonter à 4,1% en 2022 avant de se maintenir autour de 3 % à moyen terme, selon le FMI.




















