Au terme de cinq ans de services en terre gabonaise, le Directeur pays de l’ONUSIDA, Dr. Françoise Ndayishimiye s’apprête à quitter le Gabon. Dans le cadre de ses adieux, elle a reçu en audience, ce jeudi 25 août 2022, Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda. A la faveur de cette séance de travail, Dr. Françoise Ndayishimiye, a dressé un bilan des activités de cette organisation onusienne et a réitéré les félicitations au gouvernement gabonais, pour la collaboration et les efforts consentis en matière de prise en charge des 25 000 personnes vivant avec le VIH.
Selon la diplomate onusienne, « l’Etat participe à 85 % à la fourniture des fonds nécessaires lors de la prise en charge des personnes infectées par le VIH (PVVIH) ». Sur le volet lié à l’approvisionnement en antirétroviraux, les solutions efficaces et pragmatiques qui permettent d’éviter les ruptures de stock ARV, elle également salué et apprécié l’engagement du Gabon à adhérer prochainement à Wambo.org, la plateforme internationale de fourniture d’ARV.
Afin d’éradiquer les stigmatisations que subissent au quotidien les malades du VIH, la représentante de l’organisme onusien a suggéré la mise en place d’un accord-partie entre l’ONU Sida, le ministère de la Santé, le ministère de l’Éducation nationale et la société civile. Un partenariat qui permettra de sensibiliser les populations et qui aidera à améliorer le quotidien des PVVIH.
De bons points en matière de lutte contre ce fléau
Ce n’est pas la première fois que Françoise Ndayishimiye fait les éloges du Gabon en matière de lutte contre le VIH. Lors du sommet de l’Afrique occidentale et centrale sur le VIH/sida qui s’est tenu à Dakar du 31 octobre au 2 novembre 2021, faisant le point sur la riposte du pays face au sida, elle avait salué la performance du pays. Avant préconiser la nécessité de mettre à jour, les politiques de santé pour les aligner sur les données scientifiques les plus récentes. Cela, en vue d’une réponse à la pandémie centrés sur la réduction des inégalités.
Selon elle, le Gabon pourra y arriver. Ce, d’autant que le pays s’apprête à préparer son nouveau plan stratégique 2023-2027. En clair, avait-il résumée, le Gabon a des atouts et avance à petit pas mais surement dans sa réponse au VIH. Avec un soutien approprié, le pays peut reprendre la trajectoire visant à éliminer le sida d’ici à 2030.
De nombreux acquis
En termes d’acquis, l’accès au dépistage et aux traitements antirétroviraux (ARV) au Gabon est gratuit depuis 2005. Elles s’est même modernisée avec la généralisation de l’utilisation du Dolutégravir ; la décentralisation de la prise en charge ; et l’implication accrue de la société civile dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement ARV. Par ailleurs, la législation a dépénalisé l’homosexualité pour favoriser leur accès aux services de prévention et de prise en charge.
Par ailleurs, les législations en faveur de l’égalité de l’homme et de la femme et contre les violences faites aux femmes, sont des ajouts majeurs qui favoriseront l’environnement juridique et politique pour accélérer la réponse au VIH.
Des progrès reste à faire
Petit bémol tout de même. Des progrès reste à faire dans le renforcement de la chaîne d’approvisionnement et de gestion des intrants en particulier des antirétroviraux pour éviter des ruptures de stock des intrants nécessaires pour les luttes contre le VIH et les autres endémies, avait-il souligné. Et qu’en outre, il faudra investir des ressources conséquentes pour renforcer la prévention et prioriser davantage les populations clés et notamment les adolescents et les jeunes y compris ceux qui vivent avec le VIH : ils ont besoin d’être soutenus par des pairs, de recevoir une éducation sur la santé sexuelle et reproductive à l’école et en dehors, afin de leur garantir un avenir sans VIH. Pour y arriver, une réponse multisectorielle est indispensable.
En tant que pays champion pour l’initiative Education Plus, le Gabon est le mieux placé pour accélérer des actions holistiques pour prévenir les nouvelles infections chez les jeunes et en particulier les jeunes filles.



















