Alors que le Gabon traverse une période de transition politique, une gouvernance plus solide et des réformes économiques plus profondes, ainsi que des mesures d’ajustement budgétaire, seront nécessaires pour atteindre les objectifs de développement du pays. La filière forêt-bois fait partie des secteurs nécessitant ce train de réformes préconisés par la Banque mondiale, à même de booster durablement l’activité économique.
Dans sa Note de Conjoncture économique du pays 2024, l’institution de Bretton Woods rappelle toutefois que, « grâce à d’importants efforts de conservation, le Gabon a pu développer une industrie locale du bois durable qui contribue de plus en plus à l’économie, à l’emploi, aux exportations et aux recettes fiscales. Mais bien que le pays ait été un pionnier dans la région, avec l’adoption précoce de politiques telles que l’interdiction des exportations de grumes pour favoriser le contenu national, il existe encore un fort potentiel pour l’expansion future d’une industrie du bois durable ».
Cependant, un large éventail d’options de politique fiscale et de meilleurs services numériques pour le secteur forestier pourrait être envisagés pour générer davantage d’exportations et de recettes fiscales, et créer plus d’emplois basés sur une industrie du bois durable, renseigne l’institution onusienne.
Une importante niche de ressources financières
Selon la Banque mondiale, en 2023, le secteur forestier a contribué à hauteur de 41,9 milliards de francs CFA au budget de l’Etat, soit l’équivalent de 0,3 % du PIB et près de quatre fois plus qu’en 2016. Les instruments fiscaux appliqués pour le secteur forestier pour atteindre ces objectifs comprennent : une taxe de superficie qui encourage la gestion durable des forêts en appliquant des taux réduits pour les zones de concession certifiées, ainsi que des droits d’exportation du bois prélevés à des taux réduits pour les exportations à plus forte valeur ajoutée afin d’encourager l’industrie de transformation locale.
Pour promouvoir davantage la gestion durable des forêts et optimiser les recettes fiscales, le BM estime que le Gabon pourrait envisager des réformes en matière de politique fiscale forestière. En outre, la révision prévue du Code forestier pourrait être l’occasion de mettre en place des politiques qui augmenteraient les recettes fiscales tout en encourageant davantage des méthodes de production de bois durables.
Il serait également important d’assurer la cohérence des politiques entre les différents secteurs économiques, souligne la Banque mondiale. Avant de rappeler que la réussite des réformes dépendrait de l’implication des différentes parties prenantes dans la formulation et la mise en œuvre des réformes, en tenant compte des intérêts des communautés forestières, de la société civile et des entreprises forestières, agricoles et minières.



















