Au troisième trimestre 2018, le taux de couverture des crédits par les dépôts « dépôts / crédits à l’économie » dans la sous-région a gagné 3,2 points par rapport au niveau atteint l’année passée, pour s’établir à 109,9 %.
Cette évolution résulte principalement de la hausse des dépôts bancaires (+ 4,5 %) plus importante que celle des concours bancaires à l’économie (+1,5 %) sur la période. L’analyse par pays de ce ratio fait ressortir deux groupes de pays.
Le premier est constitué de ceux qui affichent une croissance de cet indicateur : République Centrafricaine (de 110,3 % à 114,0 %), Congo (de 103,8 % à 103,9 %) et Gabon (de 144,5 % à 172,2 %). En revanche, ce ratio s’est replié au Cameroun (de 117,0 % à 114,8 %), en Guinée Équatoriale (de 88,0 % à 78,6 %) et au Tchad (de 86,8 % à 85,6 %).
Il convient de noter que le niveau de ce ratio inférieur à 100 % en Guinée Équatoriale révèle au Tchad la fragilité de la liquidité de certaines banques dans ces deux pays, lesquelles sont contraintes de recourir à des ressources autres que les dépôts bancaires pour financer l’économie.
Dans l’ensemble, l’évolution à la hausse de la liquidité bancaire s’explique par la hausse des dépôts bancaires couplée à l’atonie des crédits, en lien avec la morosité de l’activité non pétrolière. Il y a lieu cependant de relever que les rapatriements des avoirs extérieurs détenus par les banques commerciales à la suite du renforcement des contrôles de vraisemblance effectués par la Commission bancaire auprès de toutes les banques de la Sous-région, y a également contribué.
Toujours sur cette période sous revue, le coefficient de réserve (réserves / dépôts) du système bancaire a perdu 0,4 point en glissement annuel pour s’établir à 22,4 %. Ce repli général résulte de la baisse sensible de ce ratio au Cameroun (de 23,1 % à 21,3 %) et en Guinée Équatoriale (de 38,1 % à 32,7 %). Il s’est en revanche amélioré en République Centrafricaine (de 22,0 % à 22,5 %), au Congo (de 20,0 % à 22,6 %), au Gabon (de 18,9 % à 20,3 %) et au Tchad (de 11,3 % à 19,7 %).
Le ratio réserves libres / réserves obligatoires a perdu 86,9 points en glissement annuel, pour revenir à 223,0 % en septembre 2018, en relation avec l’augmentation des dépôts bancaires (assiette de constitution des réserves obligatoires) et la levée en juillet 2018 de l’exemption à la constitution des réserves obligatoires dont bénéficiaient certaines banques centrafricaines et tchadiennes.
Par pays, cet indicateur est en recul dans tous les pays de la CEMAC bien qu’à des amplitudes diverses : au Cameroun (de 291,0 % à 204,8 %), en République Centrafricaine (de 1 083,1 % à 235,6 %), au Congo (de 300,8 % à 240,2 %), au Gabon (de 212,3 % à 184,3 %), en Guinée Équatoriale (de 444,3 % à 311,7 %) et au Tchad (de 463,3 % à 286,5 %).
Enfin, le ratio réserves libres / crédits à l’économie s’est replié de 1,4 point en glissement annuel, pour se situer à 17,0 % après 18,4 % en septembre 2017. Cette baisse générale est en relation avec le recul de l’indicateur observé au Cameroun (de 20,1 % à 16,5 %), en République Centrafricaine (de 22,2 % à 18,0 %) et en Guinée Équatoriale (de 27,4 % à 19,4 %).
Par contre le niveau de ce ratio s’est amélioré au Congo (de 15,6 % à 16,6 %), au Gabon (de 18,6 % à 22,7 %) et au Tchad (de 8,0 % à 12,5%).





























