Le 24 février 2025, le Conseil d’administration du Fond monétaire international (FMI) a conclu les discussions annuelles avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sur les politiques communes des pays membres et les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays membres. Au cours de ces séances de travail, l’institution de Bretton Woods a fait quelques observations sur les économies de la sous-région.
Elle a entre autres souligné que l’économie perdu de son élan en 2023 en raison d’une contraction de la production d’hydrocarbures, tandis que la position extérieure s’est affaiblie. Et qu’en outre, l’engagement exprimé lors du sommet extraordinaire des chefs d’État en décembre 2024, de remédier aux déséquilibres macroéconomiques, de renforcer les institutions régionales et de donner la priorité aux réformes structurelles laisse espérer des perspectives à moyen terme plus résilientes. Elle a enfin indiqué que la mise en œuvre d’un assainissement budgétaire conforme à ces engagements et l’accélération des réformes structurelles seront essentielles pour renforcer la diversification et la résilience économiques.
Autrement dit, les administrateurs du FMI ont noté la perte de dynamisme économique due à la contraction de la production d’hydrocarbures et au ralentissement de la croissance hors pétrole. Compte tenu de l’affaiblissement de la position extérieure, des déséquilibres budgétaires importants, des tensions accrues sur le marché de la dette régionale et de l’incertitude élevée, ils ont souligné l’urgence d’un dosage de politiques macroéconomiques bien calibré et de efforts de réforme soutenus pour renforcer la résilience aux chocs et préserver la stabilité macroéconomique et financière.
Face à l’engagement pris lors du sommet extraordinaire des chefs d’État en décembre 2024 de remédier aux déséquilibres macroéconomiques, de renforcer les institutions régionales et de donner la priorité aux réformes structurelles pour assurer un partage équitable de la charge de l’ajustement et renforcer la stabilité extérieure de l’union monétaire.
De ce fait, ils ont exhorté les autorités de la CEMAC à mettre en œuvre rapidement un assainissement budgétaire conformément à ces engagements, notant la nécessité d’accroître les recettes fiscales non pétrolières et d’améliorer l’efficacité des dépenses, notamment en achevant les réformes des subventions énergétiques, tout en garantissant des filets de sécurité sociale ciblés pour les plus vulnérables. Ils ont ont aussi mentionné que le renforcement de la gestion des finances publiques, le renforcement de la gestion de la dette et le traitement des arriérés seront également essentiels.
Le FMI a également convenu que la BEAC devrait maintenir une politique monétaire restrictive et ne réduire les taux d’intérêt que s’il existe des preuves claires d’une convergence de l’inflation vers le critère de convergence régional et d’une diminution des risques pour la stabilité extérieure. Compte tenu de la persistance de conditions de liquidité difficiles, elle devrait maintenir ses opérations de fourniture de liquidités tout en poursuivant ses efforts pour remédier à la fragmentation du système bancaire. La poursuite de l’application de la réglementation des changes reste également cruciale.
Le Fonds a aussi réitéré la nécessité d’une action collective forte des autorités nationales et régionales pour préserver la stabilité financière. Les efforts devraient se concentrer sur le renforcement des capacités de surveillance de la COBAC, l’application stricte des réglementations en cas de non-conformité, la recapitalisation résolue ou la résolution des banques fragiles, la garantie que les banques tiennent dûment compte de l’exposition souveraine, la lutte contre les nouveaux risques posés par les paiements et les actifs numériques et le renforcement du cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
L’importance de renforcer le cadre de surveillance régionale et ont appelé à des efforts supplémentaires en vue de l’adoption du projet de mécanisme de sanctions pour les violations des règles de surveillance régionale sera également de mise. Tout comme, l’importance d’accélérer les réformes structurelles pour renforcer la gouvernance et la réglementation, le capital humain, l’adaptation au changement climatique, le commerce régional et les infrastructures, ce qui contribuerait à stimuler la croissance potentielle, la diversification économique et la résilience.
Les administrateurs ont néanmoins regretté que la BEAC n’ait pas respecté l’assurance politique des autorités sur l’ENF pour juin 2024, et qu’il soit peu probable que l’objectif de décembre 2024 soit atteint, comme promis en juin 2024. Ils ont estimé que les autorités avaient pris des mesures correctives suffisantes pour combler le déficit lors de la réunion des chefs d’État de décembre 2024 et se sont engagées à le faire et ont approuvé l’assurance politique des autorités sur l’accumulation de l’ENF pour fin mars 2025 et fin juin 2025, comme promis en février 2025. Ils ont enfin soutenu les nouvelles assurances politiques sur la stabilité financière soulignant ainsi que la mise en œuvre de ces assurances est essentielle au succès des programmes soutenus par le FMI avec les pays membres de la CEMAC.


















