La Banque de France dans son rapport sur la situation économique de la zone CEMAC pour l’exercice 2021, renseigne que ce rebond, qui est généralisé à l’ensemble des pays de la zone, s’est accompagné d’une augmentation des fonds propres nets (de 246 milliards), à la faveur notamment des interdictions de distribution de dividendes pour les exercices 2019, 2020 et 2021, ainsi que d’une baisse des créances en souffrance nettes (de 785 milliards en 2020 à 707 milliards en 2021).
Au total, en 2021, 76% des 51 banques déclarantes affichaient un niveau de fonds propres adéquat, en hausse de 10,5 points de pourcentage par rapport à 2020. Ces améliorations demeurent cependant fragiles.
Ainsi, la part des banques respectant la règle du plafond individuel des risques a baissé (de 60% en 2020 à 51% en 2021) en raison de l’abaissement du plafond de 45 % à 40% des fonds propres en 2021 (règlement Cobac 2020/01), mais aussi de la hausse de l’exposition du secteur bancaire aux dettes souveraines. Le regain de dynamisme du secteur bancaire en 2021 a été porté par une hausse de 10,4% des crédits nets (+ 10,2% en brut) malgré une augmentation des taux de crédit.
Cette hausse des crédits nets, liée à la progression des importations en valeur, est due principalement aux crédits au secteur privé, qui, en brut, ont crû de 9,8% entre 2020 et 2021, pour s’établir à 7 450 milliards.
Après leur très forte hausse en 2020 (+ 30,2%), les crédits bruts au secteur public ont quant à eux nettement ralenti, avec une progression de 6,7% en 2021, pour s’établir à 1740 milliards. Le rebond du crédit en 2021 varie cependant selon les secteurs : si les secteurs du bâtiment et de l’énergie y contribuent, de même que les institutions financières, les secteurs des commerces et des transports ont nettement ralenti par rapport à 2020.
Cette évolution d’ensemble masque des situations contrastées entre les pays, qui reflètent des mesures de lutte contre l’épidémie d’intensité variable, levées selon des calendriers différents. Les crédits nets ont progressé fortement en Centrafrique (+ 26,6%), au Tchad (+ 19,7%) et au Gabon (+ 17,1%), plus modérément au Cameroun (+ 9,5%) et au Congo (+ 5,4%), et ont diminué en Guinée équatoriale (– 1,6%). La baisse des crédits aux commerces et aux transports s’explique en grande partie par le Congo (après une année 2020 dynamique 13) et par la Guinée équatoriale.
Au Gabon, les crédits aux secteurs des commerces et des transports, qui ont baissé dès 2020, ainsi qu’au secteur du BTP, qui se sont fortement contractés dès 2019, sont demeurés en 2021 inférieurs à leur niveau d’avant crise, en lien avec des mesures sanitaires particulièrement strictes.
Au Cameroun, où les mesures sanitaires ont été moins contraignantes, les crédits aux commerces ont nettement augmenté en 2021 (tout comme les crédits aux institutions financières et aux secteurs de la distribution de l’énergie), mais sont restés relativement stables dans les autres secteurs. Enfin au Tchad et en Centrafrique, la reprise est apparue relativement uniforme entre les différents secteurs.
Cette hausse des crédits s’est effectuée dans un contexte d’augmentation des taux de crédit : le taux d’intérêt nominal moyen est passé, entre les deuxièmes semestres 2020 et 2021, de 8,10% à 13,01% pour les crédits à court terme, de 8,93% à 10,45% pour les crédits à moyen terme et de 6,22% à 8,19% pour les crédits à long terme.



















