Le microcosme politique et économique gabonais vient de connaitre de profonds bouleversements. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé, ce 1er janvier 2025, à un remaniement gouvernemental qui a vu, avec beaucoup de surprise, la sortie du navire gouvernemental, d’Henri-Claude Oyima. Il a été remplacé au stratégique département ministériel de l’Économie et des Finances, par Thierry Minko.
Le nouveau promu aura donc comme son prédécesseur, chargé de répondre à la vie chère, à la dette publique et aux attentes sociales. Le changement intervient dans un contexte de fortes attentes économiques et sociales, alors que les autorités affichent leur volonté de renforcer la maîtrise des finances publiques et de répondre à la hausse persistante du coût de la vie.
En outre, le ministère confié à Thierry Minko est l’un des plus stratégiques et des plus étendus de l’architecture gouvernementale gabonaise. Il regroupe la politique économique, la préparation et l’exécution du budget de l’État, la gestion de la dette publique ainsi que le suivi des participations de l’État dans les entreprises. À ces missions s’ajoute la charge de la lutte contre la vie chère, devenue une priorité politique dans un pays confronté à l’érosion du pouvoir d’achat.
La nomination de Thierry Minko semble s’inscrire donc dans « un gouvernement resserré », présenté par la présidence comme orienté vers l’efficacité et la stabilité institutionnelle après la période de transition ouverte par le changement de pouvoir d’août 2023. Les autorités entendent désormais se concentrer sur la relance économique, la soutenabilité budgétaire et la crédibilité financière du pays.
Il n’aura pratiquement pas de temps répits, au regard des urgences qui foisonnent avec des dossiers sensibles, notamment le contrôle des prix des produits de première nécessité et la gestion de l’endettement. Ce dernier enjeu est d’autant plus scruté que le Gabon a vu sa note souveraine abaissée le 19 décembre par l’agence Fitch Ratings, de « CCC » à « CCC- », en raison de fortes tensions de trésorerie, d’un accès plus restreint aux marchés financiers et d’une hausse rapide de la dette publique, selon l’agence.
Le nouveau promu n’est pas un inconnu du ministère de l’économie. Ancien conseiller technique au même ministère, il également occupé les foncions de Directeur générale de la dette. Sur ce dossier, il hérite d’une situation décrite comme « explosive » par les analystes financiers avec un encours de la dette qui avoisinait les 8 600 milliards de FCFA à fin octobre 2025. L’une de ses priorités sera également de rétablir la crédibilité de la signature du Gabon. Dans ce cadre, le pays est engagé dans un dialogue permanent avec ses créanciers, où la crédibilité de l’État repose sur sa capacité à respecter ses engagements tout en évitant une austérité socialement explosive.



















