Cette rencontre aux relents intellectuelle, économique et financière, était placée sous l’égide de la mutuelle de l’université Omar Bongo. Avec pour thème évocateur : « Le franc CFA en zone CEMAC », elle a vu la participation de la communauté universitaire, avec la présence du Recteur de l’Université Omar Bongo, le Pr. Jean Jacques EKOMIE, du doyen de la faculté de droit et des sciences économiques, le Pr. Alexis ESSONO OVONO, et du Bureau directeur de la mutuelle des étudiants.
Dans ses charges sur cette monnaie coloniale, le magistrat d la Cour des Comptes a tracé le sillon de cette messe intellectuelle dont les repères portaient sur un rappel de son histoire, de son impact macro-économique actuel et envisager des perspectives. Pour tout dire, Aurélien-Marcel MINTSA MI NGUEMA, expert international en finance et administration, par ailleurs expert-comptable stagiaire était dans son élément.
Fort de ce potentiel, il a abordé avec une aisance affichée, ce sujet d’une importance capitale qui, hier était encore tabou, anime désormais les chaumières. Selon lui cette monnaie créée en 1945 contient dans ses quatre caractéristiques (Parité fixe, libre transférabilité des capitaux, convertibilité illimité en euro, et centralisation des réserves de change) les germes de ses limites. Le conférencier a notamment fait remarquer que : « Les restrictions liées à ces financements et refinancements de l’économie conduisent à des situations de sous-optimalités financières. A en juger par le ratio crédit / PIB qui est de l’ordre de 20% dans la zone, alors qu’il se situe à 160% en Afrique du Sud et culmine à plus de 300% aux États-Unis ». Ce manque de liquidité dans les pays de la zone ne permet donc pas d’optimiser l’offre de crédit auprès des agents non financiers a besoin de financements limitant ainsi le développement des PME, des PMI pourtant pourvoyeurs d’emplois ».
Face à ces enjeux, Aurélien-Marcel MINTSA MI NGUEMA a préconisé une dualité monétaire avec le création d’une monnaie nationale et le renforcement de la monnaie communautaire étendu aux pays de la CEEAC. Ce qui permettrait non seulement d’améliorer la consommation intérieure du pays mais aussi d’augmenter l’offre de crédit favorable aux investissements, tout en restant connecté à l’international via la monnaie communautaire arrimée à un panier de devises (Euro, dollar US, Yuan…). Cette approche audacieuse pourrait révolutionner notre système économique et faire recouvrer aux états l’entièreté de la maîtrise des politiques économiques (Politiques monétaires et politiques budgétaires).
Selon le conférencier, « Cette sortie avait pour objectif d’apporter des éclaircissements sur cette monnaie unique aux six Etats de la CEMAC et qui gouverne les échanges des habitants de la zone ». Et d’ajouter, « Il faudrait que le débat sur le franc CFA ne soit pas comme par ailleurs, porté par la rue. Il apparait que le franc CFA à travers la centralisation des réserves d’échanges obèrent le niveau de crédit possible au sein des économies de la sous-région. C’est pourquoi, il convient d’envisager les possibilités d’une amélioration de cet aspect qu’est la visibilité́ de l’économie en centralisant moins de réserves de changes, voir en annulant cette caractéristique ».
Au demeurant, la contribution d’Aurélien-Marcel MINTSA MI NGUEMA à la problématique monétaire lié au franc CFA n’est pas tombée sur des esprits arides. Bien au contraire, elle a largement été saluée et ovationnée par les participants qui n’ont pas manqué de le féliciter, quant à la qualité et la pertinence de ses interventions.



















