Selon Global Capital, l’un des principaux fournisseurs d’informations et d’analyses pour la communauté des principaux marchés financiers, le Gabon a été contraint de réaliser une levée de fonds assortie d’un des rendements les plus élevés pour un pays de son envergure depuis au moins 15 ans.
L’État gabonais est parvenu, la semaine dernière, à réaliser une levée de fonds de 520 millions USD (plus de 325 milliards FCFA) sur le marché international de la dette via un placement privé arrangé par Citi, a révélé Global Capital.
Une transaction faite à des conditions particulièrement rigides
Selon l’appel d’offres lancé par le gouvernement le 10 février, une partie de l’argent mobilisé devrait servir à racheter un de ses eurobonds d’un montant de 315 millions de dollars et au taux de 6,95%, arrivant à échéance en juin 2025. Si cette transaction permet à Libreville de réduire les tensions de Trésorerie et de rester crédible, il n’en demeure pas moins qu’elle s’est faite à des conditions particulièrement rigides, soutient à son tour, notre confrère Ecomatin.
Selon Global Capital, le taux d’intérêt initial auquel le pays cherchait à refinancer sa dette était de 9,5%. Un taux qui n’a pas suffi à convaincre les investisseurs, qui se sont montrés moins flexibles à l’égard du pays sollicitant un rendement final de 12,7%. En termes de maturité, la moitié du principal doit être payée en 2028 et le reste un an plus tard, ce qui donne une durée de vie moyenne pondérée de 3,5 ans.
Les obligations du Gabon afficheraient les rendements considérablement élevés
Selon les spécialistes des marchés financiers, les obligations du Gabon afficheraient les rendements les plus élevés pour un État des marchés émergents depuis au moins 15 ans. Ils estiment également que le refinancement de sa dette obligataire, par le Gabon devrait donner un bol d’air au Trésor public, pris en tenailles entre les tensions de liquidités, la réduction des appuis de certains créanciers et les amortissements extérieurs élevés.
En effet, au mois de janvier dernier, l’agence Fitch Ratings a abaissé la note du pays à « CCC » après que le gouvernement ait accumulé plus de 26,6 millions USD d’arriérés vis-à-vis de la Banque mondiale. Toutefois, en acceptant de payer un taux aussi élevé pour une maturité aussi faible, Libreville ne fait que repousser les échéances tout en augmentant les charges sur sa dette, dans un contexte marqué par la baisse des recettes pétrolières.
Un sujet de grande inquiétude du fait des contraintes de liquidité croissantes
Il faut dire que l’échéance imminente des euro-obligations du Gabon était un sujet de grande inquiétude en raison des contraintes de liquidité croissantes du pays, d’une dégradation de sa note de crédit, d’une trajectoire d’endettement instable et de préoccupations en matière de crédibilité budgétaire. De plus, cette année le pays s’apprête à revenir à un régime constitutionnel.
En outre, le gouvernement de transition a fait des progrès en matière de transparence de la dette, mais s’est fortement appuyé sur les dépenses publiques consacrées aux projets d’investissement comme moteur essentiel de la croissance économique. Par ailleurs, il a cependant affiché une tendance à pécher par excès d’optimisme dans ses processus budgétaires, notamment en ce qui concerne les hypothèses de recettes.
Dans le contexte de contraintes de liquidité, de la croissance alarmante des arriérés extérieurs et d’une transition politique imminente, l’offre de rachat des obligations 2025 a donné la confiance nécessaire que les autorités sont déterminées à honorer le remboursement des euro-obligations. Le règlement de la dernière offre de rachat renforce également l’opinion selon laquelle, le Gabon se tournera vers le FMI pour un nouveau programme financier.
Dans les supputations, ce nouveau programme pourrait s’étendre sur environ 36 mois pour une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions de dollars, bien que les besoins de financement extérieur nécessitent un programme de financement plus important. Certes, le gouvernement de transition a fait des progrès en matière de transparence de la dette, mais n’a pas réussi à inspirer confiance dans sa crédibilité budgétaire en raison d’un modèle de croissance économique axé sur les dépenses publiques.
L’on estime néanmoins que ce nouvel accord avec le FMI reconnaîtra l’accent mis par le gouvernement sur les dépenses d’investissement comme un moteur important de la croissance économique. Et que les objectifs du programme mettront l’accent sur le rôle des IDE et du secteur privé dans cette poursuite, permettant au gouvernement de recentrer son attention sur la reconstruction de la crédibilité budgétaire.
Avec Oxford Economics



















