Nommé Secrétaire général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le 9 avril 2024, au sortir d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Marcel ONDELE revient sur les grands acquis, depuis son arrivée à la tête de cette institution.
Avec pour mission de mettre en œuvre une nouvelle vision stratégique du secteur bancaire de la zone CEMAC, le financier Congolais savait très bien que sa mission était loin d’être une sinécure, au regard des nombreux défis qui l’attendait dans le cadre de la régulation du marché bancaire de la sous-région. Tout compte fait, pour sa première année de magistère, le Secrétaire général affiche sérénité et confiance, tout en indiquant que l’institution a connu un tournant stratégique.
En effet, précise-t-il, « La COBAC s’est engagée dans une nouvelle dynamique de supervision. Sa crédibilité en général et, par ricochet, la supervision du système bancaire est au cœur de notre action et de notre mandat. Ainsi, dans un environnement régional et international en constante mutation, elle a accompli avec rigueur ses missions de régulation et de supervision du système bancaire, en poursuivant l’objectif constant de préserver la stabilité et la solidité des différents secteurs qui le composent et de soutenir les efforts d’intégration régionale ».
Parmi les avancées majeures enregistrées, il énumère, sans être exhaustif : la mise en œuvre d’une stratégie de supervision ciblée sur les établissements présentant des vulnérabilités spécifiques. Il renseigne à cet effet que celle-ci a favorisé la conduite de plusieurs plans de restructuration ayant permis de redresser certaines banques en situation de fragilité.
En outre, ajoute-t-il, « Ces opérations ont mobilisé un important travail de coordination, de contrôle ainsi que d’accompagnement, et ont contribué à restaurer la confiance dans les établissements concernés, tout en protégeant les dépôts du public ; la réforme du règlement CEMAC relatif à l’agrément unique des établissements de crédit en vue de son opérationnalisation et du développement des groupes régionaux et la consolidation de l’ approche de supervision basée sur les risques en intensifiant les contrôles sur pièces et sur place ».
M. ONDELE souligne par ailleurs qu’une attention particulière a été portée à la qualité des actifs, à la gouvernance des établissements, à la conformité au dispositif de Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT-P) ainsi qu’à leur conformité aux exigences de fonds propres et de liquidité.
Toujours sous son impulsion, le COBAC a également renforcé le dialogue prudentiel avec les dirigeants des établissements bancaires et financiers, afin de mieux anticiper les risques émergents et d’accompagner les transitions nécessaires. Autrement dit, le travail effectué avec dextérité par le Secrétariat général de la COBAC a contribué efficacement à consolider la robustesse et la résilience du système bancaire et financier de la CEMAC.
S’agissant de l’évolution du secteur bancaire et financier de la CEMAC, il renseigne qu’elle s’est caractérisée en 2024, par une augmentation continue des indicateurs d’activités qui s’est notamment traduite par une hausse des dépôts et des emplois de la clientèle, ainsi que de la rentabilité des banques. Cependant, modère-t-il, « certaines vulnérabilités subsistent et appellent à une vigilance accrue. Elles se manifestent notamment par : un niveau encore élevé des créances en souffrance, qui pèse sur la qualité des portefeuilles et limite les capacités de financement des établissements de crédit et de microfinance »
A cela, s’ajoutent « Des niveaux de fonds propres parfois insuffisants, exposant certaines institutions à des risques d’insolvabilité, en cas de chocs exogènes ; une surexposition persistante aux risques souverains qui accentue l’interdépendance entre le système bancaire et les finances publiques, fragilisant l’équilibre global et l’émergence des risques LBC/FT-P et la cybercriminalite ».
Face à ces défis, il rassure que la COBAC entend redoubler d’efforts pour renforcer le cadre prudentiel, promouvoir la transparence dans la gouvernance bancaire, et soutenir les réformes destinées à améliorer la capitalisation des établissements et la diversification des risques.



















