Grâce aux efforts en cours dans la vaccination contre la Covid-19, et le recul anticipé de l’incertitude, et ce, malgré le risque de résurgence de nouvelles vagues et de nouveaux variants, la reprise amorcée de l’environnement économique international pourrait être favorable à moyen termes, pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Ces hypothèses sont émises par la Banque des Etats de l’Afrique centrale dans son dernier rapport sur la politique monétaire. Ainsi, concernant par exemple l’inflation, la banque relève qu’à moyen terme, elle devrait revenir à 2,1 % en moyenne annuelle au niveau des économies avancées entre 2022-2024, contre 2,8 % en 2021, au fur et à mesure que les perturbations des circuits d’approvisionnement liées à la Covid-19 et les effets de relance de la demande mondiale s’estomperaient.
Dans ce contexte, l’activité économique de la CEMAC devrait croitre de 3,7 % en 2022, de 2,6 % 2023 et de 3,2 % en 2024, après 1,9 % en 2021, sous l’impulsion du secteur non pétrolier.
En particulier, les efforts de diversification du tissu économique et la réalisation de divers projets gouvernementaux initiés dans le cadre de la politique de l’import-substitution favoriseraient la relance des secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.
Par ailleurs, à l’exception du pétrole, l’industrie extractive (manganèse, or, diamant, bauxite, zinc, etc.) et celle du bois poursuivront leur essor en lien avec les retombées des mesures d’assainissement impulsées par les Gouvernements.
Cependant, l’écart de production ne deviendrait positif qu’à partir de 2024. Concernant les prix, à moyen terme, l’inflation dans la CEMAC demeurerait contenue sous la barre des 3,0 % tant en moyenne annuelle qu’en glissement annuel.
Plus précisément, en moyenne annuelle, il y a environ 82,6 % de chances que l’inflation dans la CEMAC oscille autour de 2,2 % à fin 2022, avant de remonter autour de 2,6 % en fin 2023.
Les réserves de change de la BEAC devraient croître progressivement à moyen terme à 5,04 mois d’importations des biens et services à la fin de l’année 2024, après respectivement 4,33 et 4,67 en 2022 et 2023, contre 3,72 en 2021. Cela se traduirait par un taux de couverture extérieure de la monnaie assez confortable à 73,1 % en 2022, 75,7 % en 2023 et 78,6 % en 2024, contre 68,4 % en 2021.
Dans ces conditions, les perspectives macroéconomiques à moyen de la CEMAC restent entourées de quelques incertitudes, même si la balance des risques est globalement orientée à la baisse aussi bien pour l’inflation (stabilité interne de la monnaie) que pour les réserves de change (stabilité externe de la monnaie).
Parmi les principaux facteurs de risques, l’on note : la faible progression du taux de vaccination (1,5 % des personnes totalement vaccinées contre 6,2 % en Afrique et 39,7 % dans le monde au 05 novembre 2021), conjuguée avec une progression continue du nombre de cas positifs dans la CEMAC (+52 602 nouveaux cas en cinq mois) ; l’intensification probable des mesures d’endiguement, restrictives et prolongées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 ; la perturbation des circuits d’approvisionnement à cause des risques sécuritaires au Cameroun (Nord-ouest, Sud-ouest et Extrême-Nord) et en RCA.
A cela s’ajoutent les retards éventuels dans le décaissement des financements extérieurs en l’absence de la conclusion de nouveaux programmes avec le FMI dans certains pays, ou de conclusion des revues des programmes en cours d’exécution ; (l’utilisation d’une part importante des allocations de DTS des Etats.
L’on mentionne enfin l’utilisation éventuelle des marges dégagées par la restructuration des créances consolidées sur les Trésors publics nationaux (à travers l’augmentation des dépenses publiques) ; les efforts insuffisants de rapatriement des recettes d’exportation, y compris par les sociétés pétrolières à moyen terme et la forte incertitude qui entoure la dynamique des cours du pétrole, avec un risque élevé à la baisse à moyen terme, en lien avec le comportement de la demande mondiale.
Cependant, il est plus probable que la situation de la sous-région se redresse sensiblement à court et à moyen terme, sans risque majeur sur la stabilité des prix, malgré le niveau encore insuffisant des réserves de change.
Aussi, dans le contexte actuel marqué par l’incertitude sur les prévisions macroéconomiques, bien qu’en baisse, la BEAC devrait maintenir inchangés ses principaux taux directeurs fixés par le Comité de politique monétaire (CPM) extraordinaire du 25 novembre 2021.



















