Après deux jours d’échanges et de discussions sur le diagnostic des défis et des opportunités du secteur énergétique au Gabon, la 10e édition du Marché africain de l’énergie a tracé sa feuille de route pour pouvoir renforcer la performance dudit secteur. Ce qui pourra permettre au pays de matérialiser son Pacte énergétique national.
Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture de rencontre, le responsable pays du Groupe de la BAD au Gabon, Nouridine Kane DIA a tenu à saluer la qualité et la vision que dégage le Pacte national énergétique du Gabon. Ce produit innovant présenté comme solution à la crise énergétique. Il a également apprécié l’engagement de l’équipe ministérielle et de toutes les structures de l’Etat qui ont apporté leurs contributions à ce pacte. Lequel s’incruste clairement au Plan national de croissance et développement (PNDC), mais aussi le pacte national énergétique dans toutes ses dimensions.
Selon Nouridine Kane DIA, le Pacte national énergétique du Gabon est également arrimé à la « Mission M300 », une initiative conjointe du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque africaine de développement qui s’emploiera à fournir de l’électricité à 300 millions de personnes d’ici 2030. Autrement dit, « la Mission 300 représente une avancée majeure en faveur de l’extension de l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne », a-t-il indiqué.
Les six axes de la BAD pour booster l’offre énergétique au Gabon
A travers six axes majeurs, la BAD a tracé la feuille de route à suivre pour la réussite du Pacte énergétique national. Ce, d’autant que l’institution panafricaine considère l’énergie, comme pilier central pour laquelle, le gouvernement gabonais réalisera sa transformation économique et sociale. Pour ce faire, elle décline les principaux leviers à actionner.
Renforcement de l’offre énergétique
Le premier point qu’il faut mettre en exergue, a indiqué M. DIA concerne la priorité à accorder au renforcement de l’offre énergétique. Mais au-delà du renforcement de cette offre énergétique, a-t-il poursuivi, il s’avère primordial d’accorder une attention particulière au mix énergétique, puisque le Gabon dispose d’un potentiel très important, que ce soit en termes de ressources. En effet, « la ressource doit être optimisée pour pouvoir renforcer l’offre énergétique et accompagner la demande très importante observée au cours des dernières années et que nous anticipons aussi pour les prochaines années ».
La planification des investissements
Le deuxième point qui mérite également une attention particulière est la planification des investissements. Il est judicieux que les investissements planifiés puissent tenir compte de l’augmentation croissante de la demande. Ce qui permettra d’éviter, le gap entre l’offre et la demande énergétique.
La priorisation et le séquençage des projets prioritaires
Ce segment a également retenu une attention particulière lors de ce 10e édition du Marché africain de l’énergie. Pour la BAD, il est très judicieux de s’accorder sur les projets identifiés dans le pipe. « C’est-à-dire d’identifier ce qui peut rapidement être mis en œuvre pour pouvoir avoir des résultats dans le très court terme. Cette va nécessiter un peu de planification, un peu d’études techniques, un peu de programmation avant de pouvoir mettre les investissements à moyen terme ».
Renforcement de la gouvernance du secteur et du dispositif institutionnel
C’est le quatrième axe évoqué par la BAD. En effet, le besoin de renforcer la gouvernance du secteur et le renforcement du dispositif institutionnel et des capacités pour pouvoir améliorer les processus des additionnels et enfin renforcer la performance du secteur s’impose avec urgence. Il s’agit par exemple ici de clarifier les rôles et les responsabilités des différents acteurs du secteur.
Production, transport et le réseau de transport
Une autre priorité a émergé au cours des discussions et des consultations. « Si tous ces efforts sont faits pour pouvoir avoir de la production et qu’il n’est pas transporté, ni distribué, je pense qu’on n’aura pas réglé le problème », a alerté Nouridine Kane DIA. Avant de souligner que, « Le transport ne devrait pas être le maillon faible de la chaîne énergétique dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte national énergétique du Gabon.
Appui du secteur privé
Le secteur privé a également un rôle crucial dans le Pacte national de l’énergie. A cet égard, des échanges sur des voies et moyens de son implication ont été abordés lors de cette rencontre. Les contributions du secteur sont donc grandement attendues pour la matérialisation de ce pacte.
Déploiement des mini réseaux et des systèmes solaires
La nécessité d’accélérer l’accès à l’électricité et à la cuisson propre, à travers notamment le déploiement des mini réseaux et des systèmes solaires, mais aussi la mise en place de subvention est une solution qui a également son rôle à jouer dans ce pacte.
Pour la bonne gouverne, le Pacte énergétique national du Gabon est le fruit d’une concertation élargie avec experts et partenaires techniques et financiers sera soumis au Parlement pour devenir une loi de programmation. Il a pour principal objectif de garantir un accès universel à l’énergie et à l’eau, tout en rassurant les bailleurs internationaux sur la crédibilité du cadre gabonais.



















