Les cœurs battent actuellement la chamade dans plusieurs capitales africaines. Motif : les dirigeants de ces pays ne savent, quel sort sera réservé à leur sollicitation de nouveaux programmes avec le Fonds monétaire international (FMI).
L’inquiétude est d’autant plus grande pour ces derniers qui espèrent cette bouffée d’oxygène financière afin de relancer leurs économies, dans un contexte marqué par un nouveau choc économique global, déclenché cette fois, par le conflit iranien. Lequel conflit se caractérise par des tensions économiques – marquées par l’envolée des coûts d’emprunt, des prix de l’énergie et des perspectives inflationnistes – qui vont accentuer la pression sur plusieurs nations émergentes et en développement. Une sélection des pays africains qui ont les yeux grandement rivés vers Washington.
Sénégal
Les perspectives économiques de cette nation d’Afrique de l’Ouest restent floues en raison de la découverte de milliards de dettes non divulguées. Ce qui a conduit le FMI à suspendre un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars en 2024. Des discussions sur un nouveau programme sont en cours. Mais la résorption du fardeau de la dette nécessiterait probablement une consolidation budgétaire douloureuse et prolongée. Ce qui pourrait s’avérer difficile pour les autorités locales.
« Sans un effort budgétaire conséquent, le Fonds pourrait demander au Sénégal une forme de traitement de la dette, ce qui a été fermement rejeté par les autorités », ont indiqué les analystes de JPMorgan dans une note, ajoutant qu’ils s’attendaient à ce que les pourparlers entre Dakar et le FMI se poursuivent. « Notre scénario de base d’un nouvel accord avec le FMI reste complexe, une gestion au coup par coup constituant une autre option. »
Mozambique
Le Mozambique est en discussion avec le FMI depuis la mi-2025 concernant un nouveau programme de prêt. Le pays a exprimé son souhait de restructurer sa dette, bien qu’il n’ait pas encore précisé les détails. De manière inattendue, il a également remboursé ses échéances au FMI par anticipation en mars – un geste interprété comme le signe d’une volonté de sécuriser de nouveaux fonds à l’avenir.
« Le récent paiement du Mozambique est une tentative audacieuse d’obtenir de nouveaux crédits auprès du FMI », a estimé Christian Franken chez Oxford Economics. « De fait, nous prévoyons qu’un tel accord de prêt sera finalisé au deuxième trimestre 2026. »
Gabon
Les autorités gabonaises ont officiellement sollicité un programme du FMI au mois de mars, pour soutenir leur agenda de réformes. Des années d’incongruités économique et politique ont plongé le Gabon, deuxième économie de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), dans une impasse économique marquée par l’amenuisement des réserves. Les discussions sur les contours d’un programme devraient se poursuivre durant ces réunions de printemps.
Egypte
Au cours des deux dernières années, l’Egypte a débloqué des milliards de dollars de financements du FMI et d’investissements directs étrangers en provenance des Etats du Golfe. Mais sa forte exposition aux importations d’énergie, aux transferts de fonds de la diaspora dans le Golfe et au tourisme rend le pays vulnérable aux retombées de la guerre en Iran.
Certains s’attendent à ce que l’Egypte demande une extension de son programme avec le FMI, qui comprend une facilité élargie de crédit de 8 milliards de dollars et un fonds pour la résilience et la durabilité de 1,3 milliard de dollars. Le Fonds doit examiner le programme pour la prochaine tranche de financement en juin, mais les analystes prévoient que des retards pourraient repousser cette échéance à plus tard dans l’année.



















