En 2024, la plupart des économies d’Afrique centrale ont vu leur déficit du compte courant en pourcentage du PIB diminuer pour s’établir à 0,2%, contre 0,9% un an auparavant, principalement en raison du renforcement de la position extérieure de l’Angola première économie et premier producteur de pétrole de l’Afrique centrale. Résultats des courses, l’Angola, le Gabon et le Congo sont les seules économies d’Afrique centrale ayant affiché un excédent de leur compte courant en 2024.
De manière générale, les déficits du compte courant des pays de l’Afrique centrale sont essentiellement imputables à d’importants déficits de la balance commerciale et des services, résultant de la dépendance structurelle des économies à l’égard des exportations d’un nombre limité de produits de base peu ou pas transformés, et des importations de produits manufacturés à haute valeur ajoutée ainsi que des capitaux.
La position extérieure de l’Angola s’est renforcée en 2024 grâce une augmentation des recettes à l’exportation de pétrole, tandis que les importations ont continué à se contracter. Après un repli prolongé, les investissements directs étrangers non pétroliers ont repris, soutenus en partie par le développement du corridor de Lobito. L’excédent de la balance courante a atteint 5,4% du PIB en 2024 contre 3,8% du PIB en 2003, les réserves internationales brutes restant supérieures à 7 mois d’importations.
Au Congo, la position extérieure s’est affaiblie en 2024, reflétant largement la baisse des prix du pétrole et l’augmentation des importations dans le secteur pétrolier. La baisse des prix mondiaux du pétrole et la diminution des exportations d’hydrocarbures ainsi que l’augmentation des importations du secteur pétrolier ont réduit l’excédent du compte courant à 1,3% du PIB en 2024, contre 6,5% en 2023.
De façon similaire, l’excédent de la balance courante du Gabon a diminué en 2024 pour atteindre 4,5 % du PIB contre 5,4% en raison de la baisse des prix du pétrole et des exportations de produits de base. Quant au Cameroun, son compte courant s’est amélioré en 2024, soutenu par l’augmentation des exportations non pétrolières. L’amélioration du déficit du compte courant, qui est passé de 4,1 % du PIB en 2023 à 3,3 % du PIB en 2024, est due à l’augmentation des exportations de produits de base non pétroliers, en particulier le cacao, dont le prix a plus que doublé par rapport à l’année précédente. Cette amélioration des exportations non pétrolières a permis de compenser la baisse des exportations pétrolières en termes de volume et de prix.
En Guinée Equatoriale, l’augmentation modérée de la production de pétrole, portée par de nouveaux projets pétroliers, n’a pas suffi à compenser l’impact de la baisse des prix mondiaux et de la faible diversification des exportations. Ce qui a entraîné un creusement du déficit de la balance courante, qui est passé de 1,3 % du PIB en 2023 à 2,1 % en 2024.
Dans le cas du Tchad, les exportations ont légèrement augmenté en 2024 alors que les importations, ont été plus soutenues, en raison de la forte croissance du secteur non pétrolier. Par conséquent, le déficit du compte courant s’est creusé, atteignant 1,3 % du PIB en 2024, contre 0,7 % du PIB en 2023. 85. Du côté de la RCA, les importants déficits du compte courant ont entraîné des déséquilibres extérieurs persistants et des besoins de financement extérieur relativement importants.



















