Un séminaire de haut niveau sur la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’est tenu le 22 avril 2022, en marge des Assemblées de printemps 2022, du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Cette activité a réuni la délégation de la Commission de la CEMAC, conduite par son président, Pr. Daniel Ona Ondo, le directeur général Adjoint du FMI, Okamura, le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, les ministres ainsi que les premiers responsables des institutions régionales de la CEMAC.
La rencontre visait à faire le point sur la stratégie régionale de rétablissement de la soutenabilité économique et financière de la CEMAC, dans un environnement de risques et d’opportunités accrus ainsi qu’à échanger sur la contribution des autorités nationales et régionales audit redressement.
A l’occasion, le FMI a tenu à relever que, bien que la remontée des cours du pétrole constitue une opportunité, la sous-région reste soumise à bon nombre d’incertitudes. Notamment, celles découlant de la persistance de la crise sanitaire et des répercussions géopolitiques et économiques du conflit entre l’Ukraine et la Russie.
A cet égard, le FMI a exhorté la CEMAC de profiter de la remontée des cours du pétrole pour la reconstitution des marges de manœuvres budgétaire et extérieure.
En outre, deux priorités ont été relevées par le FMI. La première est de garantir la crédibilité du régime de change. Pour ce faire, le fonds a préconisé de mettre un accent sur le rétablissement de la viabilité de la dette dans certains pays de la sous-région ainsi que sur le rapatriement des recettes d’exportation, y compris les avoirs du secteur public détenus à l’extérieur de la zone.
Quant à la seconde, elle est relative à la réduction du déficit budgétaire. Selon le FMI, cette réduction passerait par le renforcement de la mobilisation des recettes hors pétrole ainsi que des actions visant une relance économique.
Au nombre de celles-ci, figurent l’apurement des arriérés de paiement et l’intensification de la mise en œuvre des réformes structurelles visant une croissance forte, inclusive et durable, tirée par le secteur privé. En retour, les autorités nationales et régionales de la CEMAC ont réitéré que l’engagement de la sous-région dans la mise en œuvre des réformes, n’est plus à démontrer.
Dans ce cadre, elles ont ainsi relevé le retour à la normale depuis novembre 2021, de l’orientation de la politique monétaire qui est revenue depuis cette date restrictive. Elles ont mis l’accent sur certains points, pouvant permettre le renforcement de la résilience et de la mobilisation des recettes, en l’occurrence la diversification des exportations et la mise en œuvre d’une véritable stratégie d’import-substitution.
Face à la montée des pressions inflationnistes, les autorités nationales et régionales de la CEMAC ont aussi relevé le défi du juste rééquilibrage difficile entre protection sociale, poursuite de la construction des infrastructures régionales et reconstitution des marges de manœuvre budgétaire et extérieure.
Elles ont enfin affiché leur disponibilité à poursuivre des discussions avec le FMI sur les mesures visant à juguler l’impact de la crise en Ukraine. Occasion pour elles également, d’esquisser néanmoins deux axes pouvant permettre de contenir l’impact de la flambée des prix énergétiques et des cours des denrées alimentaires sur le pouvoir d’achat des ménages, à savoir : le relèvement du niveau des transferts monétaires vers les pauvres dans le cadre des dispositifs des filets sociaux et l’augmentation de l’offre des denrées alimentaires.



















