dans le cadre de la réhabilitation de la route Sorawel–Dourbeye dans l’Extrême-Nord du pays, le Cameroun et l’Arabie saoudite ont signé un accord de prêt de 42,5 milliards de FCFA (environ 75 millions USD), le 23 mars 2026 à Yaoundé. Ce tronçon, d’à peine 70 kilomètres, fait partie d’un itinéraire qui relie le nord du Cameroun au Nigeria, le premier partenaire commercial du pays en Afrique de l’Ouest. Il joue un rôle important dans l’intégration régionale.
La remise en état de cette route fortement dégradée va réduire les coûts de transport et fluidifier les échanges entre producteurs locaux et marchés plus vastes. En même temps, elle va favoriser l’écoulement des produits agricoles vers les hubs nigérians et au-delà.
Au plan macroéconomique, ce financement s’inscrit dans la logique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui encourage la suppression des obstacles aux échanges sur tout le continent.
Pour les investisseurs, cette opportunité ouvre plusieurs segments attractifs. D’abord, le secteur des travaux publics bénéficie de marchés pour la réhabilitation et la maintenance de l’axe routier. Ensuite, la logistique transfrontalière devient un domaine porteur, tant pour les plateformes de stockage que pour les services d’acheminement. Enfin, les financements structurés et les produits dérivés liés au risk-sharing dans les partenariats public-privé (PPP) sont des vecteurs de rentabilité à explorer.
« La modernisation de cette route permet en effet de connecter plus efficacement les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à celles de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », souligne Laurice Serge Eteki Eloundou, économiste camerounais en poste à Maroua, le chef-lieu de la région de l’extrême-Nord du pays. « Ce lien est stratégique pour que les exportations camerounaises et d’autres pays de la sous-région accèdent aux grands marchés de consommation ouest-africains », poursuit notre interlocuteur.
À plus grande échelle, indique Marc Ombe, un autre économiste camerounais, « l’amélioration des corridors routiers est essentielle pour réduire la dépendance aux infrastructures maritimes longuement saturées et coûteuses ». Pour lui, « cela améliore également l’intégration des chaînes de valeur régionales, un élément clé pour attirer des investisseurs étrangers et dynamiser le commerce intra-africain ».
Pour rappel, ce prêt saoudien s’inscrit dans une série d’appuis du Fonds saoudien de développement au Cameroun. Ces financements cumulés atteignent désormais près de 80 milliards de FCFA (environ136 millions USD) et couvrent différents projets d’infrastructures.
À Yaoundé, les autorités gouvernementales voient dans ces interventions « des leviers pour revitaliser les zones septentrionales et renforcer l’intégration économique régionale ». Pour les investisseurs privés, « cette route devient une opportunité tangible d’accroître leurs activités, notamment dans les segments du transport, de la logistique et des services financiers associés ».



















