Pour faire face aux énormes défis que pose le développement du continent, à l’instar du changement climatique où plus de 3 000 milliards de dollars sont nécessaires d’ici 2030, pour juguler cette crise, dans un communiqué publié à l’issue de la conférence, les 26 plénipotentiaires du continent ont exhorté les pays du G20 à prolonger de deux ans, l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI). Cela, afin de permettre de « créer un espace budgétaire pour les dépenses urgentes ».
Ils ont également demandé que le cadre commun soit modifié pour rendre la restructuration de la dette efficace et élargie afin d’inclure les créanciers commerciaux. Une demande clé a, à cet effet été formulée. Elle consiste à ce que les pays développés soutiennent le recyclage de 100 milliards de dollars en Droits de tirage spéciaux (DTS), dont 60 milliards de dollars doivent être alloués au Fonds pour la réduction de la pauvreté et la croissance (PRGT) et au nouveau Fonds pour la résilience et la durabilité (RST).
En outre, ils ont demandé une nouvelle émission de DTS et attiré l’attention sur le Fonds de liquidité et de durabilité (LSF) de la CEA, qui, selon eux, doit être créé pour permettre aux pays africains d’utiliser les DTS afin d’améliorer la liquidité, de stabiliser les devises et de réduire les coûts du crédit.
La CoM2022 a donc remis en question, les surtaxes imposées par le FMI aux pays fortement emprunteurs, qu’ils paient en plus des paiements d’intérêts et des frais. Ceux-ci, selon les ministres ont déclaré ont indiqué qu’ils sont estimés à environ quatre milliards de dollars pour les pays africains cette année seulement, et ont demandé au FMI de les supprimer pendant encore deux à trois ans pendant la guerre en Ukraine.
En outre, ils ont exhorté le FMI à utiliser son Fonds de confinement et de secours en cas de catastrophe (CCRT) pour offrir un allégement du service de la dette aux pays pauvres.
Les ministres ont aussi admis que le continent perd simplement de grandes quantités de fonds nationaux. Le communiqué indique que les ministres sont « profondément troublés » par les Flux financiers illicites (FFI).
On estime que 83 milliards de dollars sont détournés de l’Afrique, privant le continent d’un besoin désespéré de ressources qu’il aurait pu utiliser « pour le peuple ». Il reconnaît également que l’Afrique a des marchés de capitaux sous-développés, « en partie à cause d’un vaste secteur informel, de faibles taux d’épargne et des régimes de réglementation et de gouvernance faibles ».
Enfin les ministres ont manifesté leur déception de voir la « prime africaine », qui varie de 100 à 260 points de base, toujours s’appliquer à eux pour les fonds levés sur les marchés de capitaux extérieurs.
« Les taux d’intérêt facturés à nos pays sont plus élevés que ceux facturés à nos pairs en dehors de notre continent avec des fondamentaux économiques similaires ou pires », ont-ils indiqué dans le communiqué.
Parmi les demandes formulées par les ministres africains pour atténuer les problèmes de liquidité, figure la rétrocession de DTS, où les pays qui n’en ont pas besoin peuvent les prêter à ceux qui en ont besoin.
Les ministres ont d’ailleurs à cet effet félicité la Chine pour sa décision de les transmettre et exhortent les autres donateurs bilatéraux à emboîter le pas. « La rétrocession de 100 milliards de dollars en DTS à l’Afrique serait un moyen rentable de financer la relance du continent », ont-ils tout simplement conclu.



















