Pour la Commission économique pour l’Afrique, la reprise après le choc de la pandémie de Covid-19 en Afrique dépendra en grande partie, de la rapidité avec laquelle les gens pourront retrouver leur emploi ou en trouver un nouveau.
Dans 17 pays, deux indicateurs, à savoir l’emploi vulnérable et le ratio emploi-population, sont relativement, de sorte que le retour au travail peut s’avérer difficile pour les personnes qui occupaient un emploi vulnérable avant la pandémie.
Quinze pays se trouvent dans une situation économique difficile. La crise économique est particulièrement débilitante en Angola, au Burkina Faso, au Cameroun, en Éthiopie, au Mozambique et au Nigéria.
La population vulnérable de ces pays n’a accès qu’à une protection sociale limitée. Les neuf autres pays (Côte d’Ivoire, Eswatini, Gambie, Libéria, Mauritanie, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Zimbabwe) ne disposent pas de données sur la couverture de la protection sociale.
Toutefois, les autres indicateurs demeurent préoccupants. Dans ces 15 pays, les perspectives d’emploi sont limitées, ce qui se traduit par un taux élevé d’emplois vulnérables, un faible ratio emploi-population et une main-d’œuvre essentiellement peu qualifiée.
Dans ces pays, la reprise après la pandémie de Covid-19 sera difficile et pourrait prendre plus de temps que prévu. Renforcer la résilience face aux chocs dus aux fluctuations de l’économie mondiale La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la vulnérabilité du continent face aux chocs extérieurs.
Comme la plupart des pays africains sont fortement tributaires des exportations de produits de base non transformés et de minéraux, nombre d’entre eux ont été durement touchés par l’effondrement des prix des produits de base et le ralentissement de la demande mondiale.
Ces pays étaient déjà aux prises avec des investissements publics et privés limités, une dette élevée, des équilibres budgétaires fragiles, une instabilité politique et, parfois, d’autres crises de longue durée. En raison de ces défis structurels, de nombreux pays ne disposaient que d’une marge de manœuvre très limitée pour lutter contre la pandémie.
Les mesures de protection contre ces chocs externes doivent faire partie intégrante d’un cadre de vulnérabilité-pauvreté-résilience. Renforcer la résilience face aux chocs futurs Étant donné la démographie de l’Afrique, qui compte une forte proportion de jeunes et de personnes en âge de travailler, toute stratégie visant à renforcer la résilience face aux chocs futurs doit se concentrer sur les vulnérabilités qui menacent les jeunes.
Comme prévu, la corrélation entre les deux indicateurs axés sur les jeunes (rapport entre l’emploi des jeunes et la population en âge de travailler et pourcentage de jeunes n’étant ni en emploi, ni en études, ni en formation) est fortement négative (-0,72).
Le pourcentage de jeunes n’étant ni en emploi, ni en études, ni en formation est supérieur à 40 % en Mauritanie et avoisine les 33 % en Afrique du Sud, au Botswana, à Cabo Verde, en Côte d’Ivoire, à Djibouti, en Eswatini, en Gambie, au Ghana, en Namibie, au Sénégal et au Soudan.
En Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Sénégal et au Soudan, les deux indicateurs axés sur les jeunes (ratio de l’emploi des jeunes par rapport à la population en âge de travailler et pourcentage de jeunes n’étant ni en emploi, ni en études, ni en formation) se situent dans le dernier tercile, ce qui laisse à penser que les jeunes de ces pays risquent de rester en dehors du marché du travail formel.
Des mesures urgentes sont donc requises pour renforcer les compétences des jeunes et accroître les capacités humaines et la productivité du travail.


















