Selon la Banque africaine de développement, la pandémie de Covid – 19 a eu trois incidences majeures sur les marchés de l’emploi dans la sous-région.
Premièrement, elle a entraîné une baisse généralisée des revenus par habitant et du bien-être.
En République du Congo et en Guinée équatoriale, cette situation devrait durer plus longtemps que dans des économies comme le Cameroun et le Gabon, qui sont plus diversifiées.
Deuxièmement, la Covid-19 a accentué le clivage entre les zones urbaines et rurales. Avec des filets de sécurité limités, la proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté devrait croître. Seuls les employés de grandes entreprises du secteur formel bénéficiant de prestations de retraite et de santé — et ne formant qu’une petite frange de la population active — ont pu survivre économiquement pendant la pandémie.
Au Cameroun, la situation sociale s’est détériorée, poussant ainsi de nombreuses personnes dans la précarité. Selon une enquête de 2020 réalisée par l’Institut national de la statistique, 65 % des personnes interrogées ont indiqué avoir subi une baisse de salaire, tandis que 43 % ont fait état de difficultés d’accès aux produits de consommation.
Au Tchad, la flambée des prix de produits alimentaires a des répercussions sur le pouvoir d’achat de nombreux ménages vulnérables.
En Guinée équatoriale, la Covid-19 a exacerbé la pauvreté, qui se situait déjà à 44 % en 2011. Du fait du faible niveau des filets de sécurité sociale et des transferts budgétaires, la pandémie a amplifié les disparités entre les villes et les campagnes, la majorité de la population résidant dans les deux principales villes du pays.
Au Gabon, une enquête menée en juin 2020 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a indiqué qu’au total 104 000 emplois ont été perdus au niveau national (ONU&PNUD 2020).
Les conséquences ont été plus marquées dans les zones urbaines (Port-Gentilet Franceville) et pour les travailleurs du commerce (30,4 % des emplois perdus), de l’éducation (17,1 %) et des services au personnel (10,5 %). Quelques 66,7 % des ménages exerçant des activités non agricoles ont révélé que leurs revenus ont diminué, tout comme 64,6 % des ménages.
Seuls 45 % des ménages ont estimé que leur niveau de vie pourrait s’améliorer au cours des dix prochaines années, tandis que 27 % ont dit avoir des difficultés à obtenir des produits de première nécessité à cause du manque de revenu, de la hausse des prix ou des pénuries.



















