« Dynamisation des marchés, une révolution en marche ! ». C’est sous ce thème qu’est placée la 4ᵉ édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF) qui se tient du 4 au 6 mai courants à Libreville au Gabon. Cette rencontre placée sous la férule du ministère de l’Économie et des Participations du Gabon en partenariat avec la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) a abordé quatre thèmes majeurs lors de sa première journée.
Il s’agit de : La vision 2025–2030 pour des marchés de capitaux réinventés en Afrique ; le débat prospectif sur l’état actuel et les actions nécessaires pour stimuler la dynamique de développement des marchés ; l’Africa Exchange Linkage Project et le renforcement de la profondeur et de la liquidité des marchés de capitaux : entre ambitions et réalités ; les entreprises émettrices et intermédiaires de marché : mieux appréhender les enjeux de gouvernance et les facteurs de performance et enfin, le « New Deal » pour l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs.
Lors de l’ouverture dudit forum, les attentes placées en lui ont été clairement déclinées par le gouvernement gabonais. « En effet, ce jour de discussion devrait être pour nous, une occasion de croiser les expertises, de tirer profit des approches benchmarking, afin d’entrevoir une feuille de route porteuse et réaliste. Il vous reviendra alors d’intégrer le développement des marchés financiers, comme un outil stratégique capable d’orienter l’épargne vers l’investissement productif pouvant financer les infrastructures et accompagner la croissance de notre secteur privé », a indiqué le représentant du gouvernement dans son allocution de circonstance.
Un énorme gap à combler
S’il est établi que la résiliation de ces objectifs impose de marché profonds liquides et dynamiques, force est malheureusement de constater que la sous-région Afrique centrale accuse un énorme retard, comparée à l’Afrique de l’Ouest. « En effet, le croisement des données de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), représentant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), pour le compte de l’Afrique de l’Ouest, situe sur le niveau des efforts attendus de nous tous. Ainsi, alors que la BVMAC ne compte aujourd’hui qu’une dizaine de lignes cotées, pour une capitalisation de 446 milliards CFA au 31 mars 2025, la BRVM enregistre quant à elle, plus de 40 sociétés cotées pour une capitalisation supérieure à 7 000 milliards de FCFA », renseigne-t-on.
Une situation qui explique aisément les efforts à fournir pour transformer ce retard structurel en dynamique collective, avec des fondamentaux avantageux tels que l’épargne abondante, les besoins massifs de financement et la volonté politique affichée de notre région. Au titre de ses faiblesses, « il a été constaté la non application de l’acte additionnel numéro N° 06/17 CEMAC/COSUMAF/CC DU 19 février 2018, portant unification du marché financier de la CEMAC. Son article 8, notamment est rendu inopérant alors qu’il portait l’essence même des objectifs de cet acte. En conséquence, en début de quelques efforts sur la période 2019-2024, les objectifs de croissance tant attendus n’ont pas été au rendez-vous. C’est pourquoi le ministère de l’Économie et de participation attend beaucoup de vos échanges. Notamment, ceux en lien avec la mise en œuvre de l’acte additionnel d’intégration régionale et d’unicité du marché, de même que des solutions réalistes pour créer une place financière plus compétitive ».
Cette édition de l’Africa Capital Markets Forum devrait également plancher sur les nouvelles formes de financements durables, en lien avec les obligations vertes ainsi que les produits associés à la transition écologique. Tout comme le financement des entreprises nationales qui devrait pouvoir figurer au centre des préoccupations avec des produits adaptés aux réalités régionales. A l’ère du tout numérique, la question de la digitalisation de la modernisation des infrastructures de marchés de devrait pas être en marge. Autrement dit, le présent forum devrait être un point d’encrage pour des initiatives concrètes, des engagements communs et des projets visibles, et la construction d’un marché de capitaux africains plus solides, plus intégré et porteur d’impact.



















