L’enquête judiciaire sur les « biens mal acquis » issus du Gabon en France, tire progressivement à sa fin, à en croire le magazine hebdomadaire économique français, Challenges. Le média révèle en effet que BNP Paribas, la banque commerciale française qui entretenait des liens privilégiés avec les personnalités gabonaises impliquées dans ce dossier est mise en examen pour blanchiment.
Trois hôtels particuliers dans les 7ème, 8ème et 16ème arrondissements de Paris. Des appartements à la pelle sur les avenues Foch, Raymond Poincaré ou Victor Hugo. Sept villas sur les hauteurs de Nice. Le patrimoine accumulé donne le tournis à la justice française.
Au total, les policiers de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ont recensé pour près de 85 millions d’euros d’achats immobiliers. Dans cette affaire interminable initiée en 2010 par les plaintes des ONG Sherpa et Transparency International, BNP Paribas est accusée d’avoir fermé les yeux sur l’origine douteuse de cette fortune. Alors que l’instruction doit bientôt s’achever, la banque voit se rapprocher la perspective d’un procès.
Les relations entre BNP Paribas et le Gabon remontent à la fin de la Seconde guerre mondiale, lorsque la Banque nationale pour le commerce et l’industrie, ancêtre de BNP, ouvre une succursale à Libreville. Après l’indépendance du pays en 1960, elle dispose de deux filiales importantes sur place: la Banque gabonaise et française internationale (BGFI), dont BNP se retirera en 1998, et la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon (Bicig), qu’elle finira par vendre en 2020.
Pour rappel, le 14 mars dernier, la justice française a fini par reconnaitre l’État gabonais, comme victime dans ce dossier des « biens mal acquis ». Cette décision a été rendue par la cour d’appel de Paris qui a ainsi infirmé une ordonnance rendue par un juge d’instruction, selon des sources proches du dossier.
En effet, la République du Gabon contestait une ordonnance du 7 février 2022 par laquelle, le juge d’instruction lui refusait le statut de victime dans cette information judiciaire ouverte en 2010, ainsi que le demandait l’association anticorruption Transparency International appuyée par le parquet national financier (PNF).
Plusieurs membres de la famille Bongo, en passant par d’autres proches, sont suspectés d’avoir bénéficié de cet important patrimoine immobilier « frauduleusement » acquis. Certains enfants du défunt président République ont même été mis en examen dans ce dossier depuis mars 2022, notamment pour recel de détournement de fonds publics. Selon des sources proches du dossier, des demandes de plusieurs d’entre eux d’annuler leurs mises en examen ont en revanche été rejetées par la cour d’appel.



















