Trois principaux indicateurs caractérisent la situation monétaire du Gabon au premier semestre 2022. Il s’agit d’une détérioration des avoirs extérieurs nets (-63,7%), d’une hausse de la masse monétaire (+1,5%) et d’une consolidation du crédit intérieur (+18,5%).
Hausse de la masse monétaire
S’agissant de la Masse monétaire (M2), elle affiche une consolidation de 1,5% à 2 548,6 milliards de FCFA au cours de la période sous-revue. L’analyse de ses composantes fait ressortir un accroissement des dépôts de 5,5% à 2 217,7 milliards de FCFA, contre une décélération de 18,9% de la circulation fiduciaire à 330,9 milliards de FCFA.
Dans cette dynamique, la quasi-monnaie augmente de 3,6% à 728,1 milliards de FCFA sur la même période, traduisant une reconstitution de l’épargne par les agents économiques. En effet, avec la reprise de l’activité économique et la hausse du prix des matières premières, les agents économiques s’inscrivent dans un mouvement de reconstitution de leur épargne.
Dans le même temps, les ressources extra-monétaires composées des emprunts extérieurs à moyen et long terme, des fonds propres du système bancaire, des allocations de DTS et des autres postes nets, sont en forte hausse pour s’établir à 504,8 milliards de FCFA en juin 2022 contre 245,4 milliards un an plus tôt. Quant aux contreparties de la masse monétaire, en glissement annuel, elles ont observé une augmentation de 10,8% à 3 054,3 milliards de FCFA, stimulées par la hausse du crédit intérieur net.
Baisse des avoirs extérieurs nets
A la fin du premier semestre 2022, les Avoirs extérieurs nets (AEN) du système bancaire ont baissé de 63,7% pour s’établir à 92,9 milliards de FCFA contre 256 milliards en juin de l’année précédente. Selon la DGEPF, cette évolution est imputable au fort recul des avoirs extérieurs de la Banque centrale qui se sont établis à -194,9 milliards de FCFA tandis que ceux des banques commerciales ont plus que doublé et sont ressortis à 287,8 milliards de FCFA.
Parallèlement, le solde du compte d’opérations s’est dégradé de 9,2% pour s’établir à 491,7 milliards de FCFA sur la période, solde imputable à la contraction des entrées nettes de capitaux. Le taux de couverture extérieure de la monnaie gagne 14,6 points à 74,4%.
Hausse du crédit intérieur
A la faveur de la hausse conjointe des créances nettes sur l’Etat (+7,6%) et des créances sur l’économie (+31,7%), il s’est affermi de 18,5% à 2 960,5 milliards de FCFA à fin juin 2022. Tandis que les crédits à l’économie, en glissement annuel, se sont établis à 1 486,6 milliards de FCFA, soit une augmentation de 31,7% au cours fa période sous(revue, mais n’ont crû que de 4,3% par rapport au trimestre précédent.
La dynamique constatée témoigne de la confiance des opérateurs du secteur privé dans la réalisation des programmes économiques nationales. En effet, la hausse de 35,5% des concours accordés au secteur privé non financier représentent 90,3% du total des crédits à l’économie.
A propos des créances nettes sur l’Etat, elles se situaient à 1 473,9 milliards de FCFA à la fin du premier semestre, soit une hausse de 7,6% par rapport à l’année précédente. Cependant, il est à noter qu’elles sont en recul de 2,9% par rapport au trimestre précédent où elles s’établissaient à 1 517,5 milliards de FCFA, en lien avec une meilleure politique d’orthodoxie budgétaire. Aussi, la Position nette du gouvernement (PNG) s’est dégradée de 11,7% pour s’établir à 1 519,7 milliards de FCFA en juin 2022.



















