Le 10 février 2023, Fitch Ratings a confirmé la note de défaut des émetteurs en devises à long terme (IDR) du Gabon à « B- » avec une perspective positive. Dans ses notes sur le pays, l’agence renseigne que ces perspectives sont conditionnées par hausse des prix du pétrole, un contrôle des dépenses et une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières constituent des facteurs qui devraient améliorer les paramètres budgétaires du pays.
En outre, ces facteurs permettront au rapport dette/PIB de rester sur une trajectoire descendante. Tandis que des réformes progressives, y compris dans le cadre du programme du Fonds monétaire international (FMI), entraîneront une réduction des risques liés à la gestion des finances publiques.
Selon Fitch, « Malgré un environnement de prix du pétrole favorable, les problèmes de gestion de trésorerie persistent et ont conduit à une nouvelle accumulation d’arriérés extérieurs (39 milliards de FCFA ; 0,3 % du PIB) en 2022 ». De plus, poursuit l’agence de notation, « le Gabon n’a pas réussi à obtenir les financements budgétés (0,7 % du PIB) de la Banque africaine de développement (BAD) et du FMI. Le pays n’a pas respecté les délais fixés pour certains de ses engagements au titre du Mécanisme élargi de crédit du FMI »
« Ce qui a retardé la troisième revue. En dépit de cela, des négociations sont toujours en cours entre le gouvernement et le FMI dans le cadre de la Loi de finances rectificative 2023. », conclut l’agence.
Parlant de ce programme, c’est le 28 juillet 2021 que le Conseil d’administration du FMI avait approuvé un accord élargi triennal au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) en faveur du Gabon. Cet accord s’accompagnait d’un accès total de 388,8 millions de DTS (180 % de la quote-part) pour aider le pays à faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, et appuyer le programme de réformes économiques et financières des autorités.
Le 27 juin 2022, les deux premières revues de cet accord ont été achevées. Ce qui ouvrait la voie à un décaissement de 116,1 millions de DTS (155,29 millions de dollars américain). Ce qui portait le décaissement total à 197,1 millions de DTS (environ 263,63 millions de dollars américain).
La première revue, initialement prévue pour décembre 2021, a été reportée afin d’accorder un délai supplémentaire aux autorités pour la mise en œuvre du programme de réformes structurelles. Les progrès enregistrés, en lien avec la mise en œuvre des repères structurels essentiels, notamment dans le domaine de la gouvernance, la disponibilité des données pour la deuxième revue et les performances cumulées ont constitué une base crédible pour combiner la première et la deuxième revue.
Quid de la mise en œuvre du programme?
Il faut le noter, la mise en œuvre du programme a été difficile en raison des perturbations liées à la pandémie qui ont entravé la gestion efficiente des administrations publiques. A la fin juillet 2021, l’un des quatre critères de réalisation quantitatifs et le critère de réalisation continu relatif à l’accumulation d’arriérés extérieurs n’ont pas été respectés.
A fin décembre 2021, deux des quatre critères de réalisation et le critère de réalisation continu portant sur l’accumulation d’arriérés extérieurs n’avaient pas été respectés. Il ressort des données préliminaires à fin mars 2022 que les autorités ont pris des mesures correctives pour améliorer la mise en œuvre du programme. Les dépôts du gouvernement à la banque centrale ont ainsi augmenté. Les autorités ont « également réalisé des progrès considérables dans la mise en œuvre du programme de réformes structurelles, malgré des retards par rapport au calendrier prévu dans le programme.
Discussions sur les politiques
Les discussions portaient sur la nécessité de trouver un équilibre entre la prudence budgétaire et une aide ciblée aux populations vulnérables afin d’atténuer l’impact des chocs récents, tout en menant à leur terme les grandes réformes de la gouvernance. Le retour à la trajectoire d’assainissement budgétaire initialement convenue dans le programme s’avérait ainsi important pour reconstituer les marges de manœuvre budgétaire et les réserves régionales mais aussi pour faciliter le retour à une croissance forte et inclusive.



















