Les besoins de financement et la mobilisation des ressources publiques vont de pair. Dans le cas du Gabon, la Banque africaine de développement (BAD) vient d’évaluer les besoins annuels de financement du Gabon pour accélérer sa transformation structurelle et atteindre, à l’horizon 2030, le niveau des pays en développement les plus performants. Ils s’élèvent à estime à 1,18 milliard de dollars américains. Ce diagnostic a été établit dans son Rapport pays 2025. (https://www.afdb.org/sites/default/files/documents/publications/cfr_gabon_2025_lt_004.pdf)
De manière spécifique, les besoins sont plus importants en matières d’infrastructures. Ils représentent 72,2% des besoins estimés (contre 12% pour l’énergie et 11,1% pour l’éducation). Le déficit de financement du Gabon s’établit quant à lui à 1 milliard de dollars américains, suggérant que les efforts de mobilisation des ressources ne représentent que 14,6% des besoins du pays. Pour combler ce déficit par des mesures fiscales, le Gabon devrait augmenter son taux de pression fiscale de 4,5 points de pourcentage.
Hausse des recettes fiscales
Pour relever ce défit, le pays peut néanmoins compter sur ses recettes fiscales. Ils ont observé une hause de 79,1% entre 2015 et 2024, grâce aux efforts de mobilisation de la Taxe sur la valeur ajoutée TVA (+140%) et à la mise en œuvre des réformes structurelles, comme l’adoption du Code des hydrocarbures de 2019. L’adoption de ce code a, en effet, contribué à la hausse de l’impôt sur les sociétés pétrolières d’une moyenne de 54,1 milliards de francs CFA entre 2015 et 2018 à 262,2 milliards sur la période 2019-2024.
Les recettes fiscales du Gabon sont fortement corrélées à l’évolution des cours du pétrole et prédominées par les impôts directs (30,4%, dont près de deux tiers d’impôt sur les sociétés, (IS), les droits de douane (27,8%) et les taxes sur les biens et services (18,1%).
Recettes non-fiscales, un important levier de financement
Les recettes non-fiscales sont un autre levier que le pays peut activer davantage. Ils représentent en moyenne 40,7% des recettes publiques entre 2015 et 2023. Elles sont composées à 72,5% des revenus du domaine pétrolier (redevances pétrolières et contrats de partage) et des revenus des participations qui ont considérablement augmenté depuis 2023 grâce au rachat par l’État des parts de plusieurs entreprises stratégiques (Assala Energy, Afrijet, la Société nationale des bois du Gabon (SNBG), etc.) et à la création d’une Direction générale des participations à l’effet de mieux gérer les actifs de l’État gabonais. Cette direction a mis en place un Fichier unique des participations (FUP).
Bien qu’elles permettent de renforcer la souveraineté économique, ces mesures doivent être encadrées dans le but de limiter l’intervention de l’État dans la sphère économique et de promouvoir le développement du secteur privé local. Faut-il le rappeler, l’État providence n’est pas une option de développement viable à long terme. C’est encore plus vérifiable dans un contexte marqué par la réduction des marges budgétaires de l’État et des insuffisances en matière de gouvernance.



















