La Banque mondiale vient de faire une mise à jour de l’économie gabonaise à travers sa « Note de conjoncture économique » du pays. Dans son rapport, l’institution de Bretton Woods appelle à une plus grande prudence de la gouvernance financière. En effet, le Gabon devrait connaître une croissance économique d’environ 2,4 % entre 2025 et 2027, tirée par les secteurs de l’exploitation minière, du bois et de l’agriculture, mais en l’absence de réformes économiques solides, la croissance serait insuffisante pour réduire de manière significative la pauvreté.
Le secteur pétrolier est confronté à des défis tels que l’arrivée à maturité des champs pétrolifères, la baisse des prix et la diminution de la demande mondiale, les principaux partenaires commerciaux étant affectés par les récentes perturbations dans le commerce extérieur.
Cependant, les vastes ressources de manganèse, de minerai de fer, de bois et d’agriculture offrent un fort potentiel économique pour le pays. Avec un gouvernement récemment élu, l’incertitude politique devrait diminuer à mesure que le pays achève sa transition politique vers le retour à l’ordre constitutionnel, ce qui permettrait de renforcer la confiance des investisseurs.
Toutefois, de politiques d’assainissement budgétaire solides restent nécessaires pour attirer davantage d’investissements et pour garantir que les fortes pressions budgétaires et financières auxquelles le pays est exposé, ainsi que les risques liés à la dette, seront adressés.
Les fortes incertitudes dans l’environnement mondial pèsent sur les perspectives du Gabon, dont la croissance, les exportations et les perspectives budgétaires sont vulnérables aux risques liés à l’évolution du contexte mondial. A travers le monde, de nombreux pays sont confrontés à des restrictions commerciales croissantes, à des guerres commerciales, à de tensions géopolitiques et à des conflits régionaux qui peuvent s’aggraver rapidement.
La situation budgétaire du Gabon, actuellement difficile, pourrait être aggravée par de nouvelles baisses des prix du pétrole. En outre, des pressions inflationnistes mondiales pourraient faire augmenter le coût de la vie et réduire la consommation, tandis que les pressions sur les liquidités, qui sont déjà élevées, pourraient être aggravées par le resserrement des conditions de financement.
Des difficultés accrues à mobiliser des financements pourraient entraîner une nouvelle accumulation d’arriérés ou des réductions des investissements publics, ce qui pourrait affecter la croissance. Alors que le pays doit traverser un contexte mondiale incertain, le Gabon pourrait, pour minimiser les risques, accélérer des réformes économiques afin de construire une base plus solide pour une croissance plus élevée et pour soutenir la création d’emplois.
Dans un contexte nécessitant des réductions des investissements publics et de la consommation publique, il serait essentiel de donner la priorité aux dépenses publiques les plus urgentes, les plus efficaces et les plus productives, d’un point de vue économique et social.
Pour répondre aux besoins de développement, le Gabon devrait mettre en œuvre des initiatives visant à protéger l’économie et en particulier les plus vulnérables tout en assurant la viabilité des finances publiques grâce à un assainissement budgétaire rigoureux.



















