Selon les notes de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), le secteur bancaire gabonais affiche des voyants au vert. Au troisième trimestre 2022, la situation bilancielle générale s’est améliorée, avec une hausse du total du bilan de 5,7% par rapport au trimestre précédent, et de 21,7% par rapport au troisième trimestre 2021.
Cette hausse, souligne la DGEPF, est principalement due à l’accroissement dans les mêmes proportions des dépôts de la clientèle (+5,2% sur trois mois et +21,7% sur un an). Ainsi, les crédits distribués au cours de la période ont connu une croissance moins importante qu’au trimestre précédent (+1,8% contre +3,7%), mais ce sont consolidés de 13,7% sur l’année.
Aussi, après un trimestre de baisse, les créances en souffrance sont reparties à la hausse à 3,6% mais restent contenues à 2% du total des créances consenties sur un an. Seulement, si l’évolution des dépôts est plus importante que celle des crédits sur trois mois, ce rapport s’inverse sur un an, ce qui confirme la solidité du secteur bancaire, fait remarquer la DGEPF.
Les ressources collectées
Les ressources collectées par le secteur bancaire ont crû de 5,2% sur un trimestre et de 21,7% sur un an. Cette évolution est due à l’accroissement des ressources à vue (+4,5% sur le trimestre et +18,2% sur l’année).
En effet, en termes de poids relatif, les ressources à vue ont représenté 66,8% 6 du total des ressources collectées par le secteur bancaire à la fin du troisième trimestre 2022. Sur la période, les ressources à terme, composées des dépôts à terme et des dépôts à régime spécial (bons de caisse), ont augmenté de 3,8% par rapport au trimestre précédent et de 31,6% par rapport au troisième trimestre 2021.
Elles ont représenté 28,4% du total des ressources. Après le ralentissement engendré par la crise sanitaire, les agents économiques sont dans un mouvement de reconstitution de leur épargne. Au troisième trimestre 2022, les dépôts du secteur privé, qui représentent 78,5% du total des dépôts, ont vu leur croissance s’accélérer passant de 4,4% à 7,2% sur un trimestre et à 15,4% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce mouvement devrait se poursuivre dans le temps avec la volonté affichée des autorités monétaires de lutter contre la fuite des capitaux.
Quant aux dépôts publics, ils ont baissé de 19,5% sur le trimestre mais ont crû de 39,6% sur l’année. Ce mouvement s’observe également du côté des dépôts des entreprises publiques qui se sont réduits de 19,8% sur le trimestre mais ont augmenté de 30,8% sur l’année. Par contre, les dépôts des non-résidents se sont consolidés de 2,3% par rapport au trimestre précédent mais ont doublé par rapport au troisième trimestre 2021. Cela traduit l’attractivité de l’économie gabonaise.
Les crédits distribués
Sur la période, les crédits distribués au secteur privé, principal moteur de l’activité économique, ont progressé de 4,2% sur trois mois et de 25,9% sur un an. Toutefois, un ralentissement de leur rythme a été observé par rapport au trimestre précédent (+9,1%). Les crédits accordés au secteur productif ont représenté 75,9% du total des crédits distribués.
Conformément à sa politique de désendettement et dans l’optique d’une meilleure gestion des finances publiques, l’encours des crédits de l’Etat a été réduit de 5,5% sur trois mois et de 23,5% sur un an. Par contre, les crédits accordés aux entreprises publiques ont augmenté de 51% sur le trimestre et de 40,9% sur l’année.
S’agissant des crédits consentis aux non-résidents, qui ont représenté 5,2% du total des crédits, ont reculé de 1% sur la période mais se sont consolidés de 38,2% sur l’année. Les opérations de crédit-bail ne cessent de reculer et s’inscrivent en baisse de 5,2% au troisième trimestre 2022 comparativement au trimestre précédent.



















