Depuis quelques temps, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) est engagée dans un véritable marathon auprès des instituions gabonaises. La participation du secteur privé, et notamment des entreprises au processus de la relance de l’économie, constitue le leitmotiv de cette initiative.
Quelques heures seulement après avoir rencontré la ministre du Budget et des Comptes publics le 27 décembre dernier, c’était au tour de sa collègue de l’Economie et de la Relance, Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou de deviser avec le patronat, ce 29 décembre.
Outre le fait de faire le point de ses travaux au ministre, les responsables de la FEG ont également soulevé deux principales questions liées à leur exercice : la parafiscalité et la relance de l’économie. Autrement dit, la FEG a exprimé son agacement sur la parafiscalité qui gêne les entreprises dans leur dynamique de croissance. Le patronat estime à cet effet « que toutes les taxes nécessaires qui sont prélevées au Gabon doivent être reversées au niveau du trésor public. Et si ce n’est pas le cas, elles devraient donc être supprimées ».
La question d’autant plus importante. Cela, dans la mesure où, un Conseil des ministres tenu le 12 juin 2020 avait clairement formulé que « l’obligation de verser tout paiement à toute administration publique, qu’il s’agisse d’une administration centrale, d’un établissement avec autonomie de gestion ou d’une collectivité locale, à un agent du Trésor public qui devra établir une quittance du Trésor pour reconnaître la réalité de ce paiement ». Malheureusement, les habitudes ont la peau très dure.
Il convient de relever la FEG n’est pas à son premier essai face à ce fléau. Lors d’une séance de travail avec le président de la République, Ali Bongo Ondimba, le 21 octobre dernier, la délégation de la FEG avait déjà fait part de cette préoccupation.
A l’occasion, Henri Claude Oyima avait exprimé l’exacerbation des opérateurs économique face à cette pratique peu orthodoxe. « Aujourd’hui, la parafiscalité gêne beaucoup les entreprises. Nous estimons que toutes les taxes nécessaires qui sont prélevées au Gabon doivent être reversées au niveau du Trésor public. Et si ce n’est pas le cas, elles devraient donc être supprimées », avait-il préconisé.
Une pratique également décriée par la Banque mondiale. Dans son récent rapport sur l’économie gabonaise rendu public, le 9 décembre 2022, l’institution onusienne révèle que la cherté de la vie et la pauvreté sont tributaires de la mauvaise conscience professionnelle des agents publics, et de mauvaises pratiques bureaucratiques qui font le lit de cette parafiscalité et la corruption.
A preuve, illustre-t-elle, « en moyenne, 46 % (107 500 FCFA) du coût total payé pour le dédouanement de 10 tonnes de marchandises entre le Cameroun et le Gabon résulte des frais non officiels. Et qu’au final, c’est le consommateur des produits alimentaires ayant subi ces tracasseries qui paie en moyenne 14 % de plus, sur le prix qui aurait été pratiqué ».
Faut-il le rappeler, la parafiscalité se définit comme les mesures fiscales ou les taxes établies en dehors du cadre du code général des impôts et des lois de finances. Certaines administrations créent des taxes et des amendes dont elles s’attribuent la collecte et le recouvrement. Donnant lieu souvent à ce que nombre d’opérateurs économiques considèrent comme du harcèlement, avec des contrôles intempestifs et, parfois, des pressions par les agents contrôleurs pour arriver à des arrangements hors cadre réglementaire.



















