Les tontines, de par leur structuration brassent souvent d’énormes capitaux. Elles constituent d’importantes sources de revenus, mais fonctionnent malheureusement dans un cadre purement informel. Dans le but de leur octroyer une existence légale, pour un rendement optimal au profit de tous, le ministre du Commerce, des Petites et moyennes entreprises, Yves Fernand Manfoumbi s’engage à numériser le bizness.
Le projet a été présenté le 28 octobre dernier aux femmes du département du Komo Mondah à Ntoum (banlieue de Libreville). C’était à la faveur du lancement de la caravane de sensibilisation et de promotion du programme Gabon égalité, conduite par la Première Dame Sylvia Bongo Ondimba accompagnée du Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda et d’une forte délégation ministérielle.
Présentant le projet, Yves Fernand Manfoumbi a décliné ses réelles motivations. Lesquelles selon lui, ont pour principal objectifs de favoriser l’autonomisation économique des femmes commerçantes.
S’agissant du cadre légal du projet, le membre du gouvernement a précisé que « La mise en œuvre de la tontine digitale est un élément de la stratégie de réduction des inégalités hommes/femmes, qui découle de l’axe 5 du projet Gabon égalité ». De manière technique, « Il s’agit ici de moderniser le mécanisme de fonctionnement de la tontine, pour un meilleur suivi et une sécurisation de redistribution aux différents membres de la dynamique communautaire concernée. Organiser généralement par les femmes, ces dernières pourront gérer leurs cotisations à partir d’un logiciel qui permettrait d’interconnecter leurs smarts phones », a-t-il souligné.
Avant d’ajouter que le programme ‘’Gabon égalité’’ se veut noble. Car, il fait la promotion des droits humains au Gabon. C’est également un enjeu économique à part entière, dans sa perspective d’autonomisation de la femme, à t-il dit.
Le projet devrait être mis en place d’ici décembre 2022, renseigne le ministère du Commerce. « Il y a eu une mission de la direction générale de l’économie sociale qui s’est rendue au Sénégal pour rencontrer des personnes ayant déjà expérimenté le mécanisme de fonctionnement de la tontine digitale. Au retour de cette mission, il est convenu qu’un prestataire nous accompagne dans le déploiement de ce projet », confirme l’institution.
Généralement, la tontine est une association de personnes qui, unies par des liens familiaux, d’amitiés, de profession, de clan ou de région, se retrouvent à des périodes d’intervalles plus ou moins variables, afin de mettre en commun leur épargne en vue de la solution des problèmes particuliers ou collectifs.
Au Gabon, et partout ailleurs, elles brassent d’importants capitaux. Elles constituent de ce fait, d’efficaces moyens de financement de projets. Leur digitalisation ambitionnée par le gouvernement devrait à coup sûr, non seulement les sortir de l’informel, mais aussi et surtout, assurer la sécurité des capitaux générés. Car, le maillon faible de ces dernières, réside sur les récurrents cas de malhonnête et d’abus de confiance que manifestent le plus souvent certains adhérents.



















