Dans son Baromètre économique semestriel des pays de la CEMAC, édition 2024, https://documents1.worldbank.org/curated/en/099830112192428779/pdf/IDU1615714981097614c2719c401f29e112e9a35.pdf, la Banque mondiale présente un aperçu des évolutions récentes et des perspectives économiques de la sous-région, suivi d’un bref diagnostic de chaque pays (Cameroun, République du Congo, République centrafricaine, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad). Cette édition traite des options de politiques économiques qui peuvent permettre aux pays de faire face aux défis auxquels le secteur forestier est confronté, y compris la conception efficace d’instruments fiscaux, l’amélioration de la gouvernance forestière et le renforcement de l’appui financier et technique de la communauté internationale.
Dans l’ensemble, il ressort que la région CEMAC devrait connaître une croissance de 3,4 % en 2024, contre 1,8%. S’agissant particulièrement du Gabon, le rapport indique table sur une production de pétrole qui devrait commencer à baisser à partir de 2025. Cela, en raison de l’épuisement progressif des réserves. En outre, la croissance serait néanmoins soutenue par l’expansion de la production dans les industries du bois et de l’huile de palme, l’augmentation du rendement des plantations d’hévéas et l’entrée en production de nouveaux gisements de fer et de manganèse.
Les grands projets annoncés dans le secteur public devraient stimuler l’activité des secteurs du bâtiment et des services
Le rapport de la banque mondiale indique également que de grands projets annoncés dans le secteur public devraient stimuler l’activité des secteurs du bâtiment et des services. L’excédent du compte courant se réduirait progressivement au fil des années. La baisse graduelle du niveau des importations dans un contexte budgétaire plus restreint ne permettrait pas de compenser l’impact du déclin de la production pétrolière qui devrait affecter significativement le niveau des exportations du pays.
La Banque mondiale mentionne également que les recettes pétrolières devraient progressivement diminuer au cours des prochaines années du fait d’une part de la baisse des cours du pétrole, bien que légère, et d’autre part de la baisse de la production de pétrole. De nouvelles augmentations des dépenses en réponse aux fortes pressions sociales et résultant de la hausse des dépenses d’investissement, des subventions aux carburant, d’autres mesures sociales, mais aussi de l’organisation des élections en 2025 aggraveraient la situation budgétaire du pays. Ce qui se traduirait par une dégradation du solde budgétaire, avec des déficits s’élevant en moyenne à 4,3 pour cent du PIB sur la période 2024-2026 et, entrainerait par conséquent une détérioration de la situation d’endettement du Gabon en l’absence de mesures correctrices visant à contenir les dépenses telles que les subventions aux carburants.
En outre, l’inflation devrait rester inférieure au seuil de convergence régional de 3.0%t. Cependant, la prépondérance des industries pétrolière et minière à faible intensité de main-d’œuvre dans l’économie gabonaise, combinée avec la faible croissance enregistrée par le secteur privé et l’inadéquation entre les compétences de la main-d’œuvre disponible et les celles requises pour les emplois disponibles ont maintenu le taux de chômage à un niveau élevé.
Le taux de pauvreté devrait ainsi atteindre 39,0% d’ici 2025
Selon la BM, l’importance du niveau de chômage ainsi que le sous-financement et le mauvais ciblage du système de protection sociale devraient maintenir la pauvreté à des niveaux élevés. Le taux de pauvreté devrait ainsi atteindre 39,0% d’ici 2025, selon les projections de la Banque mondiale. Le nombre absolu de personnes vivant sous le seuil de pauvreté au Gabon devrait quant à lui dépasser 1 million d’ici à 2026.
Les principaux risques pesant sur les perspectives du Gabon comprennent entre autres, les chocs affectant les cours du pétrole, une baisse de la demande asiatique, un resserrement des conditions financières mondiales et une détérioration des conflits géopolitiques. Autant de facteurs qui pourraient entrainer une augmentation de l’inflation et occasionner des perturbations supplémentaires sur le commerce mondial.



















