Ces rapports couvrent deux périodes. La première va du 31 mars au 31 décembre 2020. Tandis que la seconde concerne la période du 1er janvier 2021 au 31 août 2021. Dans ses travaux le cabinet l’auditeur indépendant révèle que durant la période du 31 mars 2020 au 31 août 2021, l’Etat gabonais aurait casqué près 54 milliards de FCFA dans le cadre le lutte contre le Covid – 19.
De manière détaillée, au cours de la première période, pour des approvisionnements de l’ordre de 37 277 000 000 de FCFA, le Copil aurait dépensé 36 985 000 000 FCFA. Ces sorties de caisses se composent de 17 138 000 000 de FCFA pour des dépenses d’investissement, et 19 847 000 000 FCFA pour les dépenses de fonctionnement.
S’agissant de la seconde période, les états financiers présentés par l’Agence comptable du Fonds spécial font ressortir les principaux agrégats suivant : Avec des ressources de 16 965 000 000 FCFA, les dépenses du Copil se sont élevées à 16 566 000 000 FCFA.
Par ailleurs, le cabinet Deloitte Touche Tohmatsu a tenu à situer les limites de sa mission. Celle-ci portait « précisément sur la vérification des comptes financiers, comprenant notamment les recettes et dépenses effectuées et encourues au titre du Fonds Spécial de Lutte contre la Covid-19 pour les périodes sous-revues. Par conséquent, les conclusions du présent rapport ne concernent pas les opérations réalisées en dehors de cette période ».
Pour mémoire, la pandémie de Covid-19 conjuguée à la chute des cours internationaux du pétrole a provoqué des difficultés économiques et sociales sans précédent au Gabon. En réponse à ce double choc, les autorités ont pris une série de mesures visant à renforcer les activités de prévention et les services de santé en première ligne, ainsi que des mesures destinées à limiter ses répercussions économiques.
Outre les ressources apportées par d’autres partenaires au développement pour contribuer à financer ces mesures d’urgence, les autorités gabonaises ont bénéficié d’un financement d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) au titre de l’Instrument de financement rapide (IFR) de 177,2 milliards de FCFA (2 % du PIB en 2020).
A noter que sur ce total de FCFA 177,2 milliards versés par le FMI à l’Etat gabonais au titre de l’IFR, 32,2 milliards de FCFA ont été versés en 2020, sur te compte bancaire du Fonds spécial ouvert à la CDC, destiné au financement direct des dépenses de riposte à la pandémie de la Covid-19.
C’est donc dans ce cadre, que le ministère de l’Economie et de ta Relance a engagé un Cabinet d’audit agréé CEMAC et inscrit au Gabon afin de procéder à la mission d’auditer les comptes financiers de la riposte d’urgence à la pandémie de COVID-19 et de procéder à un examen de la passation des marchés et des contrats dans le cadre de la riposte d’urgence à ta Covid-19.
En outre, l’auditeur devait en outre formuler des recommandations dans les domaines où il est jugé nécessaire de renforcer la gouvernance de la gestion des projets, le suivi des dépenses, la passation des marchés et la communication des informations.
Dans le cadre de la riposte d’urgence contre la Covid-19, les autorités gabonaises ont pris une série de mesures comprenant notamment la création de deux principaux fonds à savoir : le Fonds de solidarité (n’ayant pas vocation à recevoir des financements de bailleurs de fonds) et le Fonds Spécial de lutte contre la Covid-19 (ci-après « Fonds Spécial » financé essentiellement par l’Etat gabonais et par les bailleurs de fonds).
La riposte d’urgence à la pandémie de Covid-19 s’articule autour de deux principaux fonds à savoir : le Fond de solidarité et le Fond spécial de lutte contre la pandémie du Coronavirus. La mission de l’auditeur ne concernait uniquement le fonds spécial de lutte contre l’épidémie du Coronavirus.
Il convient enfin de relever que la publication de ce rapport d’audit des dépenses Covid-19 est une des conditions posées par le FMI autorités gabonaises pour que le pays puisse bénéficier d’un décaissement additionnel de 124 milliards de FCFA au titre des première et deuxième revues du Mécanisme élargi de crédit (MEDC). Cette mesure avait été déclinée, le 20 mai 2022 par le chef de mission, Boileau Loko, au terme d’un séjour à Libreville. Quant à l’accord approuvé en juillet 2021, il prévoit un financement d’un montant global de près de 307 milliards de FCFA.


















