La situation des finances publiques de l’Afrique centrale s’est davantage détériorée en 2024 avec un creusement du déficit budgétaire s’établissant à 1,6% du PIB contre 1,1% du PIB en 2023. Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA), cette dégradation des comptes publics est essentiellement imputable à la baisse des recettes budgétaires des pays exportateurs de pétrole induite par le fléchissement des prix du baril de pétrole brut sur les marchés internationaux. Le taux d’endettement public de la sous-région a atteint 48,7% du PIB en 2024 en dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne de 61,1% du PIB.
Par pays, au Cameroun, la gestion des finances publiques s’est soldée en 2024 par un déficit budgétaire identique à celui de 2023 soit 0,6% du PIB. La part des recettes pétrolières dans le PIB a continué de diminuer, en raison de la baisse des prix mondiaux du pétrole et de la diminution constante de la production pétrolière due au vieillissement des gisements.
Toutefois, la croissance du secteur non pétrolier a permis de compenser l’impact de la baisse des recettes pétrolières. Les autorités camerounaises ont progressé dans la réduction du ratio dette publique/PIB, qui est passé de 43,2% à fin 2023 à 42,7% à fin 2024. L’amélioration du ratio dette publique/PIB est due à la réduction du déficit primaire, aux efforts continus du gouvernement pour restructurer la dette des entreprises publiques et à la croissance du PIB réel.
Au Congo, la dette publique du pays reste élevée
En 2024, le Congo a vu son excédent budgétaire se rétrécir significativement de 5,8% du PIB en 2023 à 2,6% du PIB en 2024, en raison de la baisse des recettes tirées des hydrocarbures. Bien que des progrès aient été réalisés ces dernières années, la dette publique du pays reste élevée, ce qui nécessite la poursuite de l’assainissement budgétaire jusqu’à ce que les facteurs de risque liés à la dette s’atténuent. La dette publique totale est estimée à 95,4% du PIB en décembre 2024, soit 3,6 points de pourcentage en dessous de son niveau de fin 2023.
La restructuration, fin 2024, d’un important stock de dettes intérieures augmentera la marge de manœuvre budgétaire à moyen terme. L’opération a consisté à échanger la dette contre de nouvelles obligations libellées en francs CFA, assorties d’échéances plus longues et de rendements plus faibles, ce qui a réduit les remboursements et permis aux autorités de se concentrer sur d’autres dépenses courantes.
Au Gabon, le ratio dette publique/PIB a augmenté pour atteindre 73,4 % en 2024 contre 70,6 % l’année précédente
La gestion des finances publiques au Gabon s’est soldée en 2024 par un déficit équivalent à 3,9% du PIB contre un excédent de 1,8% du PIB l’année précédente, reflétant en partie la volonté du gouvernement de transition d’accroître la transparence des comptes budgétaires en comptabilisant les dépenses extrabudgétaires qui n’étaient pas enregistrées auparavant. Le déficit budgétaire est également imputable à l’accélération des projets d’infrastructure, l’organisation du référendum constitutionnel de novembre 2024 et l’augmentation des mesures sociales, conjuguées à une baisse des recettes totales induites par le repli des cours du pétrole. En droite ligne avec le creusement du déficit budgétaire, le ratio dette publique/PIB a augmenté pour atteindre 73,4 % en 2024 contre 70,6 % l’année précédente.
En Guinée Équatoriale, les finances publiques se sont dégradées avec un déficit budgétaire représentant 1,2% du PIB
Après avoir enregistré un excédent budgétaire de 2,4% du PIB en 2023 les finances publiques de la Guinée Équatoriale se sont dégradées en 2024 avec un déficit budgétaire représentant 1,2% du PIB en raison de la baisse des recettes totales induites par la baisse des prix mondiaux du pétrole. Le stock de la dette publique en pourcentage du PIB est resté modéré à fin 2023 et 2024 à environ 36%.
Au Tchad, le stock de la dette publique est resté modéré à 33,8% du PIB en 2024
Le déficit budgétaire au Tchad s’est davantage creusé en 2024 à 2,0 % du PIB contre 1,3 % du PIB en 2023, en raison notamment de l’augmentation des dépenses liées aux élections. Le stock de la dette publique est resté modéré à 33,8% du PIB en 2024.
Pour ce qui est des pays non producteurs de pétrole de la sous-région, ils ont tous enregistré un déficit budgétaire global en 2024 à l’exception de São Tomé-et-Principe. L’excédent budgétaire de ce dernier s’est établi à près de 1% du PIB en 2024 contre un déficit de 2,2% du PIB en 2023. Cet excédent a contribué à Le fardeau de la dette devrait diminuer davantage en 2025 et 2026 à 37,3% du PIB et à 33,3% du PIB respectivement.
La RCA, pénalisée par la suspension de l’aide budgétaire des pays occidentaux
La suspension de l’aide budgétaire des pays occidentaux a pesé sur les finances publiques de la RCA, bien que l’accord avec le FMI ait amélioré les perspectives de rétablissement de certains financements, principalement de la part des partenaires multilatéraux. Les autorités centrafricaines ont présenté un budget expansionniste pour 2024, reposant sur une croissance des recettes et des subventions. Toutefois, la croissance des recettes n’a pas été à la hauteur des objectifs en 2024, et le déficit budgétaire s’est creusé à environ 5% du PIB contre 3,6% du PIB en 2023. Le stock de la dette publique a légèrement augmenté à 60,7% du PIB en 2024 contre 58,2% du PIB en 2023.
En conclusion, le déficit budgétaire continuerait de se creuser en 2025-2026 en raison des retombées mondiales de la récente guerre commerciale déclenchée par la nouvelle administration américaine et des tensions géopolitiques enregistrées dans le monde et qui pèsent sur la demande, les prix du pétrole et du gaz ont baissé depuis et ils devraient rester à des niveaux peu élevés jusqu’à la fin de l’année 2025 et pendant l’année 2026
En conséquence, les recettes totales de la sous-région devraient baisser significativement en 2025-2026 et le déficit budgétaire en pourcentage du PIB devrait se creuser à 2,2% et 2,4% en 2025 et 2026 respectivement. La dynamique de la dette publique dans les Etats serait également favorable avec une légère baisse du taux d’endettement public de la sous-région qui passerait de 48,7% du PIB à fin 2025 à 48,1% du PIB à fin 2026 respectivement.



















