L’institution bancaire panafricaine note que la pandémie de Covid-19 pourrait affecter la dynamique de la dette en Afrique centrale. Notamment au Gabon et en République du Congo, et influer négativement sur la dette extérieure comme sur la dette intérieure. Par conséquent, le présent chapitre examine les options prises par les autorités pour réduire les risques de surendettement.
Dans son analyse, la BAD fait également savoir que certaines de ces options font l’objet de discussions au niveau international, notamment l’allègement et la restructuration de la dette ainsi que les modalités d’échelonnement.
En outre, la complexité de l’environnement du crédit (y compris le rôle de la Chine et des créanciers privés) appelle des réponses de gouvernements plus complexes que dans le cadre traditionnel de l’allègement de la dette, indique-t-elle.
Soutenabilité de la dette et impact de la Covid-19
Même avant la survenue de la Covid-19, illustre la BAD, la dette était élevée en pourcentage du PIB dans bon nombre de pays d’Afrique centrale. Néanmoins, poursuit-elle, les effets conjugués de la baisse des prix du pétrole et de la diminution des flux commerciaux, conséquence de la pandémie, ont entraîné la détérioration des positions budgétaires et des comptes courants des exportateurs de pétrole, des retards de paiements au titre du service de la dette, tout en forçant de nombreux pays à solliciter des prêts.
Le ratio dette/PIB de la région a progressé, passant de 48 % en 2018 à 54,8 % en 2020. La situation est particulièrement difficile en République du Congo (qui a une forte proportion de dette chinoise et de dette privée), en Guinée équatoriale (dont plus de 70 % de la dette est une dette intérieure onéreuse) et au Gabon (qui subit des coûts élevés d’emprunt).
Quant au Cameroun, à la République centrafricaine et au Tchad, leur niveau d’endettement est élevé, mais reste gérable. En 2020, la République démocratique du Congo était le seul pays d’Afrique centrale à afficher un ratio dette/PIB inférieur à 17 % (figure 2.1).
Toutefois, se félicite BAD, la communauté mondiale des acteurs du développement a réagi face à ces défis en suspendant partiellement le service de la dette des pays à faible revenu éligibles au financement de l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale. (Les dettes multilatérales et commerciales sont exclues des suspensions de service de dette).
Dette publique en Afrique centrale par pays, 2018–20 (Pourcentage du PIB)




















