Une étude thématique de la BEAC portant sur la microfinance et la surliquidité bancaire dans la CEMAC en 2019, fait observer que l’activité de microfinance est en plein essor. A preuve, le total de ses actifs a doublé entre 2010 et 2016, passant de 600 milliards de FCFA à plus de 1 230 milliards FCFA.
Selon la Banque centrale commune aux six pays de la sous-région (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, et Guinée Equatorial), cette évolution exponentielle est confirmée par le niveau élevé des dépôts des Etablissements de microfinances (EMF) auprès du système bancaire.
Les crédits distribués par ces EMF ont suivi la même dynamique, passant de 200 milliards à plus de 500 milliards sur la même période. Au 31 décembre 2018, la CEMAC dénombrait 619 EMF avec un volume de crédit approchant les 600 milliards de FCFA, soit environ 10 % seulement des crédits octroyés par des banques commerciales. Pour la BEAC, cette si faible proportion laisse penser à des effets marginaux de l’activité de microfinance sur l’activité.
Cette hypothèse est d’autant plus plausible que les travaux sur les canaux de transmission de la politique monétaire sur l’activité des pays de la CEMAC, tendent généralement à montrer que les crédits octroyés par les banques ont des effets macroéconomiques limités.
Toutefois, l’impact macroéconomique des microfinances pourrait se situer dans le large débat théorique et empirique sur les effets positifs du développement financier sur la croissance économique. Il s’agirait ainsi d’une influence indirecte, à travers la concurrence qu’elles peuvent faire subir aux banques, et l’accroissement de la masse monétaire résultant de leur activité de crédit.
La BEAC fait également savoir que cette influence indirecte pourrait aussi s’exercer par les effets positifs de la complémentarité technique, institutionnelle et financière, entre les banques et les microfinances. Et que l’influence directe pourrait s’effectuer par les crédits qu’elles accordent aux micro-entrepreneurs (exclus du système bancaire traditionnel), accroissant ainsi la valeur ajoutée et l’inflation.
La microfinance comme instrument de réduction de la pauvreté et des inégalités
Sur un tout autre pan, l’intérêt de la microfinance comme outil dans la lutte contre la pauvreté est institutionnellement admis. Alors que son impact positif n’est plus à démontrer au niveau microéconomique, ses bienfaits sont encore à prouver au niveau macroéconomique, principalement à cause de la carence de données surtout dans les pays en développement.
En effet, la microfinance est connue pour permettre aux couches les plus défavorisées de la population de disposer d’un crédit (micro-crédit), afin de mener à bien leurs activités productives ou commerciales. En ce sens elles sont susceptibles d’avoir une part active dans la réduction de la pauvreté dans les pays en développement, mais également dans le processus d’inclusion financière



















