Entre mars 2022 et mars 2023, dans un contexte marqué par la montée des tensions inflationnistes, induit entres autres par la guerre russo-ukrainienne et le resserrement des politiques monétaires, le marché des titres publics émis par adjudication s’est caractérisé par : un repli des levées de fonds sur le marché primaire ; une augmentation des encours ; et un dynamisme des opérations sur le marché secondaire.
Le dynamisme du marché primaire des valeurs du Trésor, observé depuis trois ans, s’est consolidé au cours de la période sous revue. En effet, l’encours des valeurs du Trésor a augmenté de 11,9 % passant de 5 082,1 milliards en mars 2022 à 5 687 milliards en mars 2023, malgré la baisse des montants levés par les Trésors nationaux.
Ainsi, 299 appels d’offres sur bons et obligations du Trésor assimilables ont permis de mobiliser un montant total de 3 121,6 milliards, dont 1 757,1 milliards en bons du Trésor assimilables (BTA) et 1 364,6 milliards en obligations du Trésor assimilables (OTA). Sur le segment BTA, les bons à 26 semaines sont restés les plus prisés, avec un montant total émis de 1 074,9 milliards, représentant 61,2 % du total des émissions de BTA sur la période.
L’essentiel des émissions de BTA de la République Centrafricaine (90,9 %), du Cameroun (75,7 %), du Congo (47,6 %) et du Gabon (47,5 %) ont porté sur cette maturité. Les BTA à 13 semaines arrivent en deuxième position, avec un montant émis de 405,8 milliards.
Les émissions de bons à 13 semaines sont principalement le fait des Trésors publics du Gabon, avec 184,9 milliards, du Congo, avec 147,3 milliards, et du Cameroun, avec 73,7 milliards.
Les BTA à 52 semaines sont les moins courues, avec un montant global de 276,3 milliards, en majorité émis par les Trésors publics du Congo (86 milliards), du Gabon (80,6 milliards) et de la Guinée Equatoriale (75,2 milliards).
S’agissant du segment des OTA, il a été animé par le Tchad (401,4 milliards), le Congo (399,2 milliards), le Gabon (285,4 milliards) et le Cameroun (221,8 milliards) qui ont mobilisé 1 364,6 milliards à la suite de 120 adjudications. Par maturité, les émissions d’OTA sont dominées par les instruments à 3 ans (533,7 milliards), à 2 ans (384,1 milliards) et les 5 ans (248,9 milliards) qui concentrent plus des trois quart (85,5 %) des montants levés en OTA sur la période sous revue.
Les OTA de 10 ans émis par le Gabon ont représenté 0,6 % du volume global. La répartition de l’encours des Titres par nature des détenteurs finaux montre qu’au 31 mars 2023, 66,4 % des valeurs du Trésor en circulation sont détenues par les SVT, les investisseurs institutionnels (sociétés d’assurance, fond de pensions, etc.) occupent la 2 ème place avec 14,7%.
Les parts des établissements de crédit non SVT et des personnes physiques sur ces instruments financiers ont représenté respectivement 11,8 % et 2,5% de l’encours des Titres. Grâce à son programme d’achat des valeurs du Trésor, la BEAC détient 4,6 % des titres en circulation. La forte détention des titres par les SVT s’explique par la faible attraction des titres en relation avec le niveau des taux d’intérêt et de rendement des titres, qui est jugé encore faible par certains investisseurs institutionnels, et la faible culture financière des agents économiques (investisseurs institutionnels et physiques) qui demeurent très peu imprégnés des opportunités de placements offerts sur le marché des valeurs du Trésor.
En pourcentage du PIB, cet encours des titres a fortement progressé de 0,1 % en décembre 2011, date de lancement du marché des titres publics, à 3,8 % du PIB neuf ans plus tard, même s’il est quasiment quatre fois inférieur au niveau atteint par l’ensemble des pays de l’UEMOA (11,9 % du PIB) en décembre 2020. A fin mars 2023, l’encours des titres publics de la CEMAC a tout de même représenté 8,4 % de PIB.
Avec la BEAC



















