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Accueil Banques - Finances

En zone CEMAC, le secteur financier reste fragile malgré sa rentabilité (Rapport)

En zone CEMAC, le rebond de l’activité bancaire s’est confirmé en 2023, en dépit de fragilités persistantes.

SC par SC
novembre 21, 2024
dans Banques - Finances, Commerce, Coopération, Développement, Développement Durable, Devises, Dossier, Economie, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, Intégration, International, Investissements, La Minute de L'économie, Marchés Financiers, Transition, Transports - Logistics, Zoom
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Le rapport de la Coopérations monétaires Afrique-France 2023 est disponible. file:///C:/Users/HP/Downloads/CMAF-2023_web.pdf, Dans son analyse de la situation économique et financière de la CEMAC, il renseigne que le secteur financier reste fragile malgré sa rentabilité. Ainsi, le total de bilan des 54 banques que comptait le secteur a crû de 11,4 %, pour s’établir à 22401 milliards. À l’instar de l’année 2022, cette hausse est observée dans l’ensemble des places bancaires. Elle a été alimentée au passif par une croissance des dépôts (+ 1660 milliards) qui représentent toujours plus de 70% du total bilan des banques.

Cette hausse des dépôts est portée par le secteur public (+ 25,2%) et le secteur privé (+ 9,0%). L’activité de crédit a progressé, avec une croissance des encours de crédits bruts de 10,5% en 2023. Le dynamisme du crédit au secteur privé, qui a crû de 6,8% pour s’établir à 8 705 milliards, a accompagné la hausse des crédits bancaires au secteur public (2106 milliards, + 23,9%). Cette augmentation du volume des crédits est observée dans l’ensemble des pays de la CEMAC, à l’exception de la Guinée équatoriale.

La qualité des portefeuilles de crédit s’est légèrement améliorée en 2023, mais l’encours de créances en souffrance demeure préoccupant. Le stock brut de ces expositions a légèrement diminué de 4,5% sur l’année, atteignant 1879 milliards. Ainsi, le taux brut de créances en souffrance a baissé de 18,5% à 16,0%. Ce taux est demeuré toutefois supérieur à 30% en Guinée équatoriale et au Tchad. Il s’agit toujours d’un point de vigilance majeur, car ces créances pèsent sur la rentabilité des établissements, entament leurs fonds propres par les provisions qu’elles génèrent et limitent leur croissance.

Face à cette problématique, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a invité les États à mettre en œuvre des stratégies de réduction de ces encours. Elles devraient s’articuler notamment autour d’un audit exhaustif des expositions de crédit, de la formalisation d’un cadre d’échanges tripartite entre l’État, les banques et les autorités de supervision, et de la mise en place de structures de défaisance nationales censées racheter ces créances en souffrance. Au total, le produit net bancaire (PNB) à fin 2023 a progressé de 57 milliards, à 1304 milliards, et le résultat net a augmenté de 236 milliards pour s’établir à 424 milliards.

Cette progression continue d’être portée par les marges sur « portefeuille titres et prêts à souscription obligatoire » qui représentent désormais 26,5% du total du PNB, contre 21,7% un an plus tôt. La part des marges sur les « opérations avec la clientèle » continue, quant à elle, de diminuer, passant de 46,8% à 44,8%. L’exposition grandissante des banques sur les émissions souveraines, si elle répond au besoin de financement des États, est toutefois susceptible de rendre le secteur bancaire vulnérable à une éventuelle crise de liquidité d’un ou de plusieurs États de la CEMAC.

Le rôle de certaines banques dans l’accroissement du nexus banque‑souverain demeure un point d’attention pour la Cobac. Ses règlements indiquent que lorsqu’une créance titrisée est apportée en collatéral, une pondération nulle des risques associés peut lui être appliquée. Depuis 2017, les États de la CEMAC ont multiplié les demandes de pondérations nulles pour les titres publics, leur permettant ainsi de souscrire à ces titres sans devoir mobiliser des fonds propres pour couvrir les risques.

À fin 2023, l’encours cumulé des expositions souveraines bénéficiant de la pondération nulle atteignait 2475 milliards. Au total, les expositions des banques de la CEMAC aux titres publics ont considérablement augmenté, passant de 1556,2 milliards fin 2017 à 6195,1 milliards fin 2023. La Cobac travaille à de nouvelles règles de pondération des valeurs du Trésor, afin d’éviter ces effets d’aubaine qui accroissent le risque des bilans bancaires. Celles‑ci s’inspirent des standards de Bâle III et devraient se fonder sur les notes de crédit des émetteurs pour déterminer leur pondération.

Une consultation sur ce sujet avec la profession bancaire et les autorités nationales et communautaires est prévue et devrait permettre l’adoption d’un nouveau règlement Cobac sur les pondérations des titres d’État. La situation prudentielle des banques de la zone ne s’est que marginalement améliorée en 2023. Malgré la dynamique positive des résultats en 2023, le ratio global de couverture des risques pondérés par les fonds propres s’est détérioré, de 14,9% en 2022 à 11,8% en 2023, se rapprochant donc de l’exigence réglementaire de 10,5%. Cependant, au total, 23 banques disposent désormais d’un niveau de fonds propres satisfaisant pour respecter l’ensemble des ratios prudentiels à fin 2023, soit 43% d’entre elles, contre 16 banques (soit 30%), un an plus tôt.

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