Les quelques incohérences liées à l’actuel programme, notamment à la conclusion de la troisième revue dans le cadre de l’accord élargi au titre du Mécanisme élargi de crédit en faveur du Gabon ne devraient pas occulter l’excellence des rapports qu’entretiennent les deux partenaires. D’ailleurs, au cours des récentes Assemblées du printemps 2023 de l’institution, la délégation gabonaise, conduite par la ministre de l’Economie et de la Relance, Nicole Jeanine Lydie Roboty, épouse Mbou a essayé de démêler l’écheveau.
Qu’à cela ne tienne, le programme avec le Fonds monétaire international (FMI) en cours a été approuvé début aout 2021, pour trois ans (2021-2024) au titre du mécanisme élargi de crédit pour le Gabon (553,2MUSD). Il est adossé sur cinq principaux piliers. Il s’agit de : l’assainissement des finances publiques en vue d’améliorer la viabilité de la dette, tout en protégeant la croissance, l’environnement et les personnes les plus vulnérables, l’amélioration du cadrage et de la gestion du budget, le renforcement de la gestion de la dette publique, la stabilisation du secteur financier et l’inclusion financière, l’amélioration de la gouvernance et la poursuite de la lutte contre la corruption afin de favoriser afin d’améliorer l’environnement des affaires et rendre le climat plus propice à l’investissement.
Au-delà de ces intitulés classiques, le programme entend également mettre l’accent sur une meilleure mobilisation des ressources, notamment hors-pétrolières. La principale piste consiste en une remise à plat des exonérations, qui ont longtemps été le seul élément d’attractivité du Gabon.
Le FMI évalue à 7% du PIB non pétrolier le montant cumulé de ces exemptions, l’objectif du programme étant de ramener ce niveau à 1,8% du PIB non pétrolier.
L’amélioration de la collecte des recettes sera basée tant sur une modernisation des administrations fiscales (déjà à l’œuvre avec e-tax et Sydonia) que sur la valorisation fiscale du foncier (les autorités gabonaises travaillent depuis plusieurs mois sur un plan de cadastre devant permettre une meilleure gestion des projets d’infrastructures publiques ainsi que l’instauration de taxes foncières).
En matière de gouvernance, le programme devrait aussi tendre vers plus de transparence dans le domaine pétrolier avec un suivi accru des entreprises publiques (GOC, SOGARA). L’adhésion à l’ITIE, obtenue en octobre dernier, devrait renforcer cette transparence.
Côté dépenses, les principales réformes concernent la gestion des entreprises publiques ainsi qu’une amélioration de la gestion et valorisation des actifs publics sera également recherchée (FGIS, CDC).
Ce nouveau programme viendra soutenir la mise en oeuvre de la politique volontariste de relance économique 2021-2023 (Plan d’accélération de la Transformation) décidée par les autorités gabonaises. En s’appuyant sur cet accord avec le FMI et l’amélioration de la notation de Fitch en septembre 2021 de CCC à B-, le Gabon a procédé le 17 novembre 2021 à une émission obligataire de 800 M$ d’une maturité de 10 ans avec un taux de 7%.
Faut-il le rappeler, le 27 juin 2022, le Conseil d’administration du FMI a achevé les première et deuxième revues de cet accord élargi appuyé par le mécanisme élargi de crédit (MEDC) pour le Gabon.
L’achèvement de ces revues a permis un décaissement de 116,1 millions de DTS (155.29 millions de dollars américain), portant le décaissement total à 197,1 millions de DTS (environ 263.63 millions de dollars américain) dans le cadre de l’accord triennal au titre du MEDC conclu avec le Gabon.



















